[CR] D&D 5E — Rime of the Frostmaiden

Critiques de Jeu, Comptes rendus et retour d'expérience
BenjaminP
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Re: [CR] D&D 5E — Rime of the Frostmaiden

Message par BenjaminP »

Il me semble que les récits croisés de mes camarades sont auto-suffisants pour bien comprendre le déroulement de cet épisode, mais ça va me laisser l'occasion de déblatérer sur l'organisation de la campagne et les événements à venir.

Épisode 6 : Exégèse de fragments

C'est donc l'entrée en scène des duergars, copieusement annoncés auparavant (dès le premier épisode, en fait). J'ai tenté d'en faire autre chose que juste des nains gris et j'espère que ça se sentira au fil de la campagne, puisque, ce n'est pas un spoiler de le dire : ils ne vont pas s'en débarrasser comme ça !

Comme on l'a vu dans tous les affrontements joués depuis le début (les gobelins, Sephek, les yétis), l'opposition est lourde pour ce chapitre 1. Le repos en terres civilisées étant rapidement possible, l'attrition est encore douce et des petits combats d'usure n'auraient pas de sens. Pour l'instant, je dois dire que c'est plutôt bien fichu : rapide et létal au niveau individuel, mais sans risque de TPK. Ces duergars-là ne sont pas prévus dans la campagne, ils sont le résultat de mes ajouts côté nains, c'était donc la première rencontre que j'ai du concevoir moi-même. La réflexion était double : si j'étais resté parfaitement fidèle à ce modèle — pas de combat d'attribution, toujours un risque mortel individuel sans risque majeur de TPK —, j'en aurais placé trois. Mais il fallait aussi faire des duergars des adversaires redoutables, en raison de leur fonction dans le scénar, plutôt que des guignols qui se baladeraient en territoire inconnu pour jouer les punchings balls pour aventuriers bien de chez nous. D'où le paquet de quatre, qui avait bien de la gueule, parce que c'était le TPK assuré de les affronter à la loyale. Cependant, les joueurs s'étant donné la peine 1. de repérer les manigances d'Omri et 2. de s'attacher les faveurs de la matriarche, je suis revenu au seuil initial en en dézinguant un d'entrée de jeu. En ajoutant la stratégie d'embuscade mise en place, ça garantissait la victoire. La chute de Loxias était une surprise : un coup critique d'un duergar agrandi, ça fait très mal.
Combat joué en trois rounds, comme tous les combats jusque-là, je crois bien.
Spoiler:
Oui, j'en fais des caisses sur les duergars et je vous conseille de faire de même si vous menez cette campagne, pour faire du chapitre 3 le climax qu'il doit être. Il FAUT que Xardorok et la menace qu'il représente aient été préfigurés correctement. C'est à peu près garanti qu'on croise des duergars dans la campagne telle qu'écrite, mais pas forcément qu'on comprenne bien ce qu'ils font là. Moi je veux qu'ils comprennent. D'où l'ajout également de ces deux guerriers que la matriarche leur adjoint. J'en ai fait des membres de la Légion, un concept repris de Dragon Age, des soldats nains chargés de descendre dans l'Outreterre pour y combattre les engeances (que je remplace ici par les drows et les duergars, obviously). Ainsi, j'ai pu les faire parler des intrigues de l'Outreterre et commencer à tisser la toile qui les mènera à la pleine compréhension du plan d'Asmodée : séduire les duergars, empêcher le soleil de se lever, faire grimper les duergars à la surface, conquérir le Val. Nous en sommes à la phase trois de son plan au début du scénario, mais au tout début de cette phase, ai-je décidé. C'est ainsi que j'ai présenté les duergars comme encore un peu patauds, un peu gênés par la luminosité, sans moyen de locomotion adapté à la surface (ils sont venus au rendez-vous à pieds, ce qui va permettre à nos héros de remonter facilement leur trace avec l'assurance de vite trouver quelque chose). De même, l'avant-poste duergar qu'ils visiteront ensuite sera présenté comme tout juste taillé, les arêtes encore saillantes, etc. Les duergars sont une nouveauté dans le Val, et une nouveauté dangereuse : voilà l'idée.
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Elijah Shingern
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Re: [CR] D&D 5E — Rime of the Frostmaiden

Message par Elijah Shingern »

BenjaminP a écrit : mer. avr. 03, 2024 11:53 am En ajoutant la stratégie d'embuscade mise en place, ça garantissait la victoire. La chute de Loxias était une surprise : un coup critique d'un duergar agrandi, ça fait très mal.

Le sort m'était contraire : jet d'initiative médiocre, un premier round très moyen, un coup critique en pleine poire dès le début du deuxième.

A ce moment-là, on en menait pas large :mrgreen:

Heureusement Anatole, Polaris, Boy et Perceval ont su renverser la vapeur avec une furieuse contre-contre-offensive.

BenjaminP a écrit : mer. avr. 03, 2024 11:53 am Combat joué en trois rounds, comme tous les combats jusque-là, je crois bien.

C'est très agréable - les combats sont brutaux et nous obligent constamment à être inventifs dans la préparation.

J'en profite pour faire un point sur la compréhension de la situation par Loxias.

Il pense qu'il existe un lien entre les activités de prospection et de forage de Chardalyne menée par les Duergars de Xardorok et différents membres rivaux de la Confrérie Arcane (Vellyne Harpell et son acolyte Nass Lantomir, Avarice et ses gargouilles, Dzaan l'ancien sociétaire des Mages Rouges de Thay, qui a manifestement feint sa mort), les gobelins de Kartholok et le réveil de la Dame de Glace.

Il ne sait pas si les activités de prospection et de forage des Gobelins, des Duergars et de la Confrérie Arcane poursuivent exactement les mêmes objectifs (utilisation de la Chardalyne à des fins plus ou moins malfaisantes ? Recherche de secrets ou d'objets de puissance liés à l'empire de Netheril, en général, et à la forteresse volante d'Ythrin, en particulier ? Netheril est manifestement un des centres d'intérêts de la Confrérie).

Il suppose que la disparition d'Oyaminartok est une des conséquences du réveil d'Auril (Il faudra sans doute voir si les Goliath des deux clans - dont les noms m'échappent, seront susceptibles de devenir des alliés, notamment lors de la montée vers l'affrontement final - aller faire une visite de courtoisie auprès de Mokingo, que nous avons sauvés des griffes de yeti, lui paraît important à plus ou moins long terme)

Bref, son hypothèse est que divers rivaux malveillants et/ou cupides ont, en fouillant la terre, réveillé la Déesse et sont en outre susceptibles de déclencher d'autres catastrophes soit directement (en mettant la main sur des objets ou des secrets et en les utilisant à mauvais escients) et/ou indirectement (en réveillant quelque chose de pire encore qu'Auril - des anciens Dieux ou mages mort-vivants de Netheril ? le Grand Dragon Blanc Arveiaturace ?)

Loxias est sur la trace d'Avarice, qui a manifestement pris le contrôle de Caer Dineval.

Bref... On est complètement dedans.
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Islayre d'Argolh
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Message par Islayre d'Argolh »

Elijah Shingern a écrit : ven. avr. 05, 2024 3:41 pm
BenjaminP a écrit : mer. avr. 03, 2024 11:53 am Combat joué en trois rounds, comme tous les combats jusque-là, je crois bien.
C'est très agréable - les combats sont brutaux et nous obligent constamment à être inventifs dans la préparation.

De mon coté quelques notes techniques du point de vue joueur.

- Habile suggestion de notre MJ, Anatole est un mage "old school" c'est à dire dépourvu de sort mineur/a volonté dédié combat. En conséquence, il repose intégralement sur ses emplacements de sorts pour contribuer aux bastons mais peut se rendre utile "par la bande" grâce a Perceval (son familier) et l'action "aider" ou en faisant tourner ses jetons d'Inspiration. Dans les deux cas l'objectif est de filer l'avantage aux jets d'attaques des petits camarades bénéficiant de dés bonus aux dégâts (puisque avantage au jet d'attaque = 10% de chance de critique).
Pour ce qui est des emplacements de sorts c'est la combinaison Projectiles Magiques/Bouclier qui fait le taff. Je préfère infliger des dégâts certains a chaque round et n'augmenter ma défense qu'au tout dernier moment, pour une gestion des ressources au plus près des besoins réels.

- Lorsque je dépense mes jetons d'inspiration "pour ma pomme" je le fais plutôt pour des jets de compétence a des moments clés. Je trouve que ça a, en règle générale, beaucoup plus d'impact sur une campagne que pour un jet lié au combat (et ce d'autant plus qu'Anatole, utilisant exclusivement Projectile Magique, ne fait donc pas de jets d'attaque).

- Anatole est un personnage éminemment Pratchettien : c'est un petit vieux rigolo avec les articulations qui grincent, des sujets de prédilection en boucle et un familier pourri-gâté (et donc gras comme un loukoum). Néanmoins il a des aspects plus "rugueux". Finalement assez solitaire, je suis parti sur l’archétype de l'ordre des scribes. Il y a quelque chose du moine copiste chez lui. Et aussi le coté un peu triste : faute d'une présence a ses cotés, il va finir par en créer une lorsque son Grimoire deviendra une entité consciente. Enfin j'aime a voir Anatole comme un Archimage qui s'est trompé de chemin : il y a en lui le potentiel (et l'esprit calculateur/impitoyable) d'un mage mythique. C'est juste que la flemme et l'amour de la tranquillité l'ont empêché de réaliser son plein potentiel. En ce sens si les deux autres PJ vont réaliser leur destin mythique au fil de la campagne, Anatole va lui, plutôt, rattraper le temps perdu.
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Elijah Shingern
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Re: [CR] D&D 5E — Rime of the Frostmaiden

Message par Elijah Shingern »

Islayre d'Argolh a écrit : sam. avr. 06, 2024 10:43 am Enfin j'aime a voir Anatole comme un Archimage qui s'est trompé de chemin : il y a en lui le potentiel (et l'esprit calculateur/impitoyable) d'un mage mythique. C'est juste que la flemme et l'amour de la tranquillité l'ont empêché de réaliser son plein potentiel. En ce sens si les deux autres PJ vont réaliser leur destin mythique au fil de la campagne, Anatole va lui, plutôt, rattraper le temps perdu.

C’est amusant que tu en parles, parce que je me faisais justement cette réflexion.

Loxias et Anatole - bien qu’ils soient, au début de la campagne, des personnages de niveau 1, sont très expérimentés.

Il a toujours été clair, pour moi, qu’Anatole est déjà un archimage « caché » tout comme Loxias est un homme d’armes qui a vécu deux décennies de conflit - il se présente d’ailleurs comme un mercenaire redoutable et seul Anatole et Polaris savent qu’il est en réalité un prêtre de Helm.

A contrario, Polaris est un jeune homme d’un courage et d’un talent hors norme, mais sans grande expérience de la vie.

Un des (nombreux) talents de Benjamin est de prendre en compte cette réalité : les passages de niveau ne sont pas une « amélioration » des personnages, mais la révélation progressive de leur être.
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Re: [CR] D&D 5E — Rime of the Frostmaiden

Message par Islayre d'Argolh »

Elijah Shingern a écrit : sam. avr. 06, 2024 12:10 pm Loxias et Anatole - bien qu’ils soient, au début de la campagne, des personnages de niveau 1, sont très expérimentés.

Oui : si on envisage le récit comme un film, ces deux personnages sont clairement les soutiens / compagnons expérimentés du "Chosen One" qu'est Polaris.

Les Solo et Kenobi de ce Skywalker, pour ainsi dire.
Mais Anatole compte bien rester présent dans les épisodes 2 et 3 de la trilogie, lui. :mrgreen:
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Re: [CR] D&D 5E — Rime of the Frostmaiden

Message par haplo »

Islayre d'Argolh a écrit : sam. avr. 06, 2024 1:44 pm Oui : si on envisage le récit comme un film, ces deux personnages sont clairement les soutiens / compagnons expérimentés du "Chosen One" qu'est Polaris.

Je suis sur mon résumé mais quand vous parlez de Polaris comme l'élu, le chosen one, le héros ou je sais pas quoi, rappellez vous que vous parlez d'un rôdeur qui n'a ni perception ni stealth dans ses compétences maîtrisées :D 

Edit: ceci dit avec deux familiers, on a une bonne compensation
 
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haplo
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Message par haplo »

Fin de la première lettre de Polaris à Shila
Mon oncle sort de l'oubli, il perd pas de temps. Omri, il est encadré par les vieux nains, entouré par les corps, il va répondre. Les pleurs et les commodités, il nous la joue patriote, sans lui, on aurait pas idée, il ose. Un traître ? Jamais ! Chaque chose il les fait en marchand, et c'est pas bien grave, il s'est fait engrainé, comprenez le type est droit, mais faut croûter. Dans les yeux, soutenu, sans ciller rien du tout il nous a fait suivre, lui qui voulait notre puits, on a tué 4 nains des profondeurs qui allaient nous payer pleinement et sans broncher. Ça reste des ennemis, mais je sais mieux à quoi m'attendre avec eux. Anatole pénètre son esprit, les vieux châtiments ils ont du charme, surtout pour les parjures vénaux, et ça tombe parfait, y a 100 pièces à chauffer à blanc, sur la langue, ça fait oublier beaucoup d'engagements. Alors il livre ses complices, les frères Tooth, y avait pas d'honneur dés le début, fallait rien espérer une fois la peur installée. Thor et Thron feront ce qu'ils veulent du quidam, c'est plus notre affaire, en tout cas à ce moment. 

On doit choisir, les traces elles sont plutôt fraîches, d'où ils viennent les nains gris ? Ça me frappe d'autant plus que je trouve sur l'un le pendentif d'Allie, l'une des sœurs de la taverne des Deux Sœurs, à la maison, à Caer Konig. Je peux pas manquer, elle avait cherché partout et chez tout le monde quand la babiole s'était volatilisée. Je la prends, et on se dit que récupérer leurs capes pour pister, ce serait un atout. Des bibelots volés en fait, ils en ont plein, la tête elle tourne de les imaginer quadriller le Val. On trouve la voie, ça suit, elle remonte vers un cours d'eau qui ne descend plus rien depuis la nuit, gelée. Surtout, là y a une forteresse qui a été dressée sur son lit, au plus près de sa gorge. Loin, on remarque, Anatole envoie Perceval, le vide est frappant, c'est abandonné ici on jurerait. Y a pourtant bien de quoi tenir le siège, et des belles meurtrières qui rassurent pas.  

Je décide d'approcher, goûter un peu le mal qui profite de la nuit pour s'installer. Je commence discret, avec Boy, on longe sous les flècheuses, pas de bruit, pas de souffle. On tutoie le lit, voilà une crevasse, on va pour s'y faufiler quand le chien il montre les dents. Le danger, et surtout, l'odeur, le charnier, puissant, tout près, tout dedans là derrière. J'ai réfléchi une minute, et je savais que mes amis m'attendaient non loin, alors fallait persévérer. On glisse, on rampe, on monte, on est sous un puits, et le fumet il me m'emplit, j'ai peur de rendre le peu qui digère. Je passe une tête à un moment, je dois découvrir. Y a une créature, gargantuesque, derrière une cage, impossible de penser ce que c'est. Humanoïde, mais tapissée de crevasse et de champignon, j'ai rien vu de plus contre nature que cette chose, elle bouge comme animée par quelque instinct, mais celui d'un autre, y a rien de sincère, ni rien de personnel, ça frappe les grilles d'à côté ou des chèvres terrifiées bêlent mollement, mal nourries, je jurerai de reconnaître celle du vieux Pete, quelques kilomètres au sud. Nos Duergars se servent, et visiblement depuis plusieurs semaines. J'ose pas agir, je suis trop lâche, en tout cas pour des biques, le poids est trop léger. 

Avec Anatole et Loxias, j'intuite, j'ai bien fait : nos nains gris, ils savent canner des bêtes, même celles qui pensent à haute voix, et les habiter ensuite avec des mycoses. Le Vieux Maître affirme, c'est pas très sport, un peu comme cette invisibilité dont ils sont friands, capables, ça lui revient en tête tout à coup. D'autant que maintenant, y a plus de doute, ils incitent des créatures sur les 10 villages, y en a aucune qui survivrait au passage de celle-là. De là, on se laisse pas mourir, et puis on a un second rendez-vous, les frères Tooth, c'est eux qui ont embarqué Omri dans cette affaire, va pas falloir qu'ils gougent trop, on déserte. 

À l'arrivée, on est remonté. Déjà chez Omri, y a Boy, il sent, l'odeur des nains gris, on déterre une cape, ou bien il en a amené ici, ou bien il avait de quoi se faire connaître en proche, ce traître. Anatole il a l'oeil, il est curieux, y a une cassette cachée dans la piaule du commerçant, révélée par le Vieux Maître, on y trouve 75 Dragons, on partage avec les cognes qui fouillent avec nous, les deux amis ils sont trop généreux avec moi, ils me cèdent une très grosse part, mais je donnerai tout à papa. Avant de partir, j'oublierai pas de voir avec Kelta comment on continuera d'être en affaire d'ailleurs, maintenant que l'escroc pâlira en geôle, avec ses proches les Tooths.    

Du reste pour eux, mon oncle et le Vieux Maître vont aller s'expliquer dans le mouvement, je serai une silhouette, prêt à canarder. La tension, elle monte de suite, Anatole il fait luire grenat son bâton, un signe pour les frères. Au fond de leur cale, une ombre qui se déplace, je l'allume d'emblée, puisqu'on pourra pas parler avant de se cogner, il aura pas la chance pour lui, il surprendra plus personne. Loxias en prend un à la loyale, le deuxième se jette sur Anatole et le blesse, alors j'envoie Boy qui l'attrape à la gorge, ça laisse à notre thaumaturge l'opportunité de lui adresser une flèche magique dont il a le secret ! Je continue d'harceler nos récalcitrants, Perceval il roucoule autour de mon oncle, il empêche le nain d'être serein, Loxias il cogne et il abat le châtiment de son maître, assez vite on calme les trois frères, on a mangé quelques mauvais coups, mais à cette heure ils sont mûrs pour discuter. Avarice, encore ce nom, c'est elle qui les emploie à trouver des filons, Caer Dinneval, de plus en plus près, c'est notre avenir. 

On les tue pas, on a une dignité, on les rendra aux cognes nains, qui en feront bien ce qu'ils voudront, surtout que maintenant ils savent que leurs cousins gris sont tout à côté, en nombre. On va reprendre des forces, et se diriger vers Caer Konig.  

Sur le chemin, un bon présage, des colmins qui jouent, à s'envoyer de la neige, je m'approche, c'est pas souvent, et comme de la buée ils s'évaporent, mais nous laisse un présent. Une fraise. Gelée. Mais une fraise tout de même ! Un fruit, c'est le genre de détails qui vous rappellent qu'un jour ici les animaux n'étaient pas faméliques, et qu'il y avait toujours une période de l'année où on trouvait les enfants de la grande verte. D'ou vient ce fruit ? On louche tous les 3 dessus comme je le montre à mes amis, quand on sera en lieu sûr, on se la partagera, on a pas démérité. C'est de l'espoir gustatif, une projection, le toit du Val il peut s'ébrécher et s'affranchir des puissances qui l'ont scellé.   

Caer Konig, la maison. Anatole et Loxias vont prendre une table chez les deux sœurs, et je vais considérer papa. Déjà il est tout étonné, dans ses mains, un sac de pièces bien trop rempli pour la récupération d'une cargaison naine, il me toise un peu de biais, mais j'ai rien fait de mal, c'est de l'argent bien gagné, je lui assure. Alors il compte un brin les dragons malgré lui, on a de quoi voir venir et c'est pas rien. Puis je lui parle de ce type, un gaillard qui m'a aidé sur le chemin, avec le vieil Anatole, j'aimerais le lui présenter, il est droit, sympathique et il me rappelle quelqu'un. 

Quand il reconnaît son frère, c'est l'illumination, il a rajeuni de 20 ans, il se jette sur lui, leur étreinte elle dure 100 secondes et 100 ans, je perd pas une miette, c'est trop rare de vivre les miens ravis franchement, sans détour. D'un coup, les étoiles elles brillent à nouveau sur nos visages heureux, est-ce que c'est Helm, est-ce que c'est les retrouvailles, est-ce que c'est l'amour, je sais pas dire et je m'en moque, faut savoir s'ouvrir aux largesses. Dans la liesse, y a la petite Allie, j'ai un collier pour elle, sans lui, elle était plus entière, je le vois bien quand elle le met, son sourire c'est du soleil en plus. Elle me fixe vaguement trop, muette à moitié, ça me tourne un peu mal à l'aise, mais de toute façon, on va raconter nos aventures à mon père ensuite, et je l'oublie comme je deviens une part de la réjouissance, c'est organique, c'est diffus et c'est partout, on est tous les captifs béats d'une prière charitable. La seule qui manque, c'est toi.     

Je ne sais pas quand je te reverrai, le chemin me ramène vers l'ouest à Caer Dinneval, pour confronter Avarice. Peut-être que le mal qu'on y trouvera demandera le savoir d'une druide.  

Je t'écrirai une nouvelle lettre prochainement,
Tout à toi,
Polaris             
Dernière modification par haplo le dim. avr. 07, 2024 11:42 pm, modifié 1 fois.
BenjaminP
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Re: [CR] D&D 5E — Rime of the Frostmaiden

Message par BenjaminP »

Sur les rôles respectifs des personnages : l'idée est en effet de considérer Anatole et Loxias comme des adultes expérimentés, avec le statut et les compétences qui correspondent, tandis que Polaris est le petit jeune qui apprend beaucoup, vite et bien, à leur contact. C'est une dynamique classique, mais qui fonctionne très bien.

On pourrait penser que ce n'est pas compatible avec la montée de niveau dans donj' mais ça n'a jamais été ma façon de les envisager ou du moins pas la seule du tout. Pour moi, les niveaux sont avant tout un levier sur l'histoire : ce sont eux qui déterminent les enjeux du moment, et qui vont garantir leur gradation ; ils ne sont un levier sur l'évolution des personnages eux-mêmes que quand on le veut bien. Tant qu'on ne le manifeste pas dans la fiction, les personnages ne changent pas tant que ça. Et quand on voudrait vraiment qu'ils changent, par exemple quand apparaîtra la sous-classe qu'on a tout le temps de voir venir, on en profitera pour la manifester, comme nous l'avons fait avec Boy.

C'est pourquoi Anatole s'est très rapidement retrouvé avec trois magiciennes de la Confrérie de l'Arcane dans son salon : c'était déjà pour elles un personnage important du val, il n'était pas concevable qu'elles ne lui rendent pas une petite visite dans le cadre de leurs affaires. C'est aussi pour cela que Loxias peut parler aux hommes d'armes et à la capitaine des gardes immédiatement d'égal à égal, et c'est pour quoi Avarice l'a tout de suite entrepris avec intérêt, plutôt que de le considérer comme du menu fretin (mauvais réflexe de MJ quand on veut mettre en scène des PNJ balèzes : leur faire s'essuyer les pieds sur les PJs, les prendre de haut ou les ignorer. Ce ne sont pas toujours de bonnes solutions, elles sont même souvent mauvaises, en particulier quand on veut faire naître le respect ou l'intérêt plutôt que le désir de vengeance).
Enjeu Solo, l'émulateur de MJ qu'il est beau ! Pour toutes vos parties sans MJ, Enjeu Solo contient les oracles qu'il vous faut. Dynamisez la narration, adaptez-la au rythme du récit, tenez compte des enjeux et surprenez tout le monde, vous le premier.
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Re: [CR] D&D 5E — Rime of the Frostmaiden

Message par BenjaminP »

Avec la dernière lettre de Polaris, nous voici à jour de nos sessions ! Vous savez tout. Et comme la prochaine est ce soir, et qu'ils comptent apparemment aller fouiner du côté de Caer Dinneval et d'Avarice la blanche, voici le texte transmis aux joueurs :

Châteaudun


Ah, Châteaudun, Caer Dinneval pour les nomades, ce petit trou dans la toundra qu'a toujours le don de vous coller le frisson. Châteaudun, c'est un peu le résumé de l'histoire du Val à lui seul.

Le château est presque aussi vieux que l'implantation des colons. Ce sont les Dinev, une famille de Cormyr, qui l'ont construit quand les Dix Villages n'étaient guère plus que des camps de prospecteurs. Les Dinev avaient dans l'espoir de devenir une grande famille en se déclarant souverains du Val. Dès la fin de la construction, rien qu'avec les familles d'ouvriers et l'entourage des Dinev, le village a poussé comme un champignon. Pendant quelques années ce fut l'attraction, les gens venaient de loin pour se construire un cabanon de quelques planches, trois fois rien, pourvu que ce soit à l'ombre de ses remparts. Il rassurait. C'est là que les orcs sont arrivés. Ils ont débarqué de la toundra sans crier gare et ont tout passé à la torche. Les habitants ont voulu trouver refuge au château bien sûr, c'est pour ça qu'ils étaient là. Mais la Horde était nombreuse, trop nombreuse. C'est du moins ce qu'ont jugé les Dinevs, qui ont barricadé les portes sans laisser entrer personne. Les orcs ont tout pillé, tout ravagé. Les Dinev ont survécu. Au début. Mais pas au siège qui a suivi. Les orcs avaient de quoi tenir, le village était riche. Les champs cultivés. Au bout de trois semaines, quand les orcs ont lancé leur première tentative sur les murs, c'était déjà cuit. Les Dinev étaient rongés par la faim. Et c'est ainsi qu'ils ont disparu.
Les orcs ne sont pas restés. Deux ans plus tard, une nouvelle troupe de colons s'installaient de nouveau. Cette fois pour de bon. Ils ont retapé le château pas trop endommagé, et ils ont donné un surnom à leur prédécesseur : ils s'appelaient les Dinev, les Victorieux en cormyrien. Ils deviendraient donc les Duns (prononcé "dain"), les idiots, dans la langue du Reghed.

Par le passé, les voyageurs suivaient la côte autour du lac des Dun, jusqu'à voir apparaître au loin la forteresse, le Caer qui a donné son nom au village. Et puis le ferry est arrivé, et ce chemin ardu ne fut plus tellement emprunté ni par les marchands ni par les voyageurs. Seulement le ferry c'est fini depuis six mois maintenant, et depuis Châteaudun est coupé du monde ; il n'y a plus que la route. Les habitants sont furieux, les denrées n'arrivent plus et les futs de la taverne restent désespérément vides.

Et s'il n'y avait que ça ! Voilà que depuis deux ou trois mois, la voix du Village, Crannoc Siever, est alité. C'est son intendant, Cad Rahault, qui fait le relais depuis. Un chouette type, Cad. Il s'occupe de sa mère infirme depuis que vous le connaissez, la vieille Hétyle, qui s'est fait emporter une jambe par un ours, on raconte. Mais on raconte beaucoup sur elle, faut dire. On raconte aussi que c'est une sorcière, par exemple.
Spoiler:
Oui, je fais de Cad (Kadroth dans la campagne) un humain, et le fils d'Hethyl par-dessus le marché, afin d'installer dans le château quelques éléments psychologiques intéressants qui expliquent la présence d'un culte diabolique : une Hethyl sorcière qui a passé de longue date un pacte avec Levistus et qui a embarqué son fils un peu malgré lui dans cette affaire, dans l'espoir de lui léguer les rênes ensuite. Avarice va venir jouer, comme dans la campagne telle qu'écrite, le rôle du chien dans le jeu de quille, elle vient dénier à Cad l'héritage qui lui revient de droit. On aura donc d'un côté un fils dévoué qui a pris les commandes d'un culte un peu contre sa volonté, mais qui commence à goûter au pouvoir depuis que Crannoc a été mis hors jeu.
J'en fais aussi l'intendant, déjà connu des PJs, pour mieux expliquer la présence du culte et sa prise du château, que je trouve difficilement crédible sans ça, du moins sans Avarice. (Or Avarice n'est pas censée avoir été là au moment de la prise, elle n'est arrivée qu'ensuite.)

Pourquoi un humain ? Parce que le tieflin rouge brique me paraît un peu trop on the nose, ici. En revanche, je vais me servir de Fel et de quelques autres gardes transformés en tieflins pour jouer le rôle qu'on attend d'eux : des humains dont la famille a fricoté avec les diables et qui en ont payé le prix. Rejetés et marginaux, ils rejoignent le culte, puisque quitte à ce que tout le monde les pense vendus aux diables, autant disposer du pouvoir qui va avec et infliger à tous ces hypocrites une bonne leçon.
Anatole, toi, t'as déjà dû avoir à faire à elle pour trouver des ingrédients précis, c'est la meilleure apothicaire du Val. Et t'as toujours perçu qu'elle était un peu plus qu'une simple apothicaire. Sans doute lui as-tu déjà posé quelques questions, sans trop de succès. Loxias, depuis ton retour, la revoir te travaille, parce que quelque chose en toi t'a toujours dérangé quand tu la croisais. Un malaise indéfinissable, quand la foi en toi n'était pas encore tout à fait cimentée. Elle te collait les poils.
Spoiler:
Côté Loxias, je ne ferai pas mystère de la présence du culte : c'est pour ça qu'il est là, dans le Val, et il va très vite comprendre ce qu'il se passe. On verra à quel point il luttera contre son envie de disperser ces impies afin de savoir exactement ce que manigance Avarice et de disposer de son aide contre les duergars, qui constitueront la principale raison d'une alliance potentielle.
À part ça, côté accommodations et distractions diverses, c'est pas la joie. Y avait bien le Repos des Idiots, mais il a fermé depuis lurette. Dommage, on s'y amusait bien, entre pêcheurs et marins. Reste le Haut de la colline, juste au-dessus du château sur la falaise. Romak, le patron, n'est pas un marrant, mais c'est un type bien, très droit. Il a toujours été réglo avec Athanase. Mais là, plus moyen de payer la bière des nains depuis quelques temps, apparemment : sa dernière commande remonte à deux mois. Et c'est pas le genre à demander crédit.
Spoiler:
Voilà, le cadre est posé pour ce qui nous promet à mon avis deux bonnes sessions de palabre, de découvertes et d'infiltration dans le château. L'idée c'est que les portes s'ouvriront assez naturellement dès qu'ils évoqueront Avarice. Les cultistes seront méfiants, mais Cad sera avenant et Héthyl de même. Il n'y a que s'ils fouinent du côté des appartements de Cranoc ou de celui de la citerne que la situation se tendra. Avarice arrivera le lendemain. J'ai hâte de voir ce que ça va donner !
Enjeu Solo, l'émulateur de MJ qu'il est beau ! Pour toutes vos parties sans MJ, Enjeu Solo contient les oracles qu'il vous faut. Dynamisez la narration, adaptez-la au rythme du récit, tenez compte des enjeux et surprenez tout le monde, vous le premier.
BenjaminP
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Nous poursuivons gaiement !

Épisode 8 : le diable dans le détail

Loxias, Anatole et Polaris ont fait leurs adieux à Athanase pour se rendre plus au sud, du côté de Châteaudun, peut-être le village le plus touché par l'hiver éternel. La présence autrefois rassurante du seul château du Val est devenue pesante. La Voix n'en sort plus et ne s'exprime plus que par l'entremise de l'intendant du château, Cad, le fils de la vieille Héthyle. Tout cela, nos héros le savent bien. Ils commencent cependant par soutirer quelques confidences à Romac, le propriétaire de l'auberge du Haut de la colline. Romac ne va pas bien, il est maintenant seul à tenir la boutique et ne croit plus du tout en l'avenir. Il reproche au château d'abriter des marginaux, des « cornus », des « engeances » comme il les appelle, et de les nourrir grassement plutôt que de venir en aide aux petites gens du village.

Au château, nos trois aventuriers se présentent aux deux gardes en faction : Arvar, tout jeune homme que Polaris croyait à Bremen avec sa mère, et Fel, une de ces cornues dont parlait Romac, une tiefline qui a eu la vie dure comme la plupart d'entre eux. Rejetée de tous, à commencer par sa famille — mais pas d’Anatole qui, lorsqu’il la croisait, prenait toujours soin d’elle —, Fel leur assure avoir trouvé ici enfin des gens qui l’acceptent, malgré ses ecchymoses et son nez cassé qu’Anatole ne manque pas de remarquer. Quant à Arvar, il est méfiant et refuse d'abord de les laisser entrer, mais il accepte d'en référer à Cad et revient quelques minutes plus tard leur ouvrir la herse.
Ils traversent donc la cour et notent, du côté du chenil, la présence d'un tout jeune garçon, qui semble s'occuper des chiens, ainsi que de deux hommes armés et d'un autre tieflin aux pieds d'une des tours, avant de rejoindre le bâtiment principal où les accueille le majordome, Soub, encore plus méfiant qu'Arvar à leur égard. Mais Cad arrive bien vite depuis les étages et lui en revanche est tout à fait débonnaire. Il envoie Soub leur chercher quelques rafraîchissements ainsi qu'un plateau de truite fumée dont Anatole fera grand usage et leur propose de se réunir dans son étude.

Là, Cad leur explique qu'Avarice la Blanche avait annoncé leur arrivée. Elle voyait en eux de puissants alliés potentiels dans leur lutte contre les duergars et avait chargé Cad de les accueillir. Poussé par son intuition, Loxias tente immédiatement de savoir ce que Cad pense d'Avarice et vise juste : il perçoit vite un coin qu'il suffira de pousser entre ces deux-là. Cad n'est pas content de la présence d'Avarice et souhaiterait s'en débarrasser au plus vite, ce que nos trois aventuriers pourraient permettre en l'amenant loin de là lutter contre cette menace dont elle leur rabat les oreilles, pendant que lui continuera tranquillement ses affaires à Châteaudun. Mais avant qu’ils aient pu exploiter cette rivalité, voici que trois coups résonnent au plafond, trois coups que Polaris et Loxias reconnaissent d’emblée : le bruit de la jambe de bois d’Héthyle, qui, petits, les terrorisait. De sa chambre à l’étage, elle crie à Cad de faire monter les invités…

Une fois nos trois héros dans sa chambre, Héthyle n’ira pas par quatre chemins : elle est vieille, fatiguée, malade et ne voit plus l’intérêt de dissimuler le culte qu’elle porte depuis bien longtemps au duc de Stygie, autrement dit à Levistus, le prince des Enfers, dont elle arbore le symbole en pendentif sans le cacher. Elle leur explique que le rival de son maître, Asmodée, a envoyé ses légions conquérir le val et que son plan est déjà bien prêt de réussir : le petit avant-poste qu’ils ont découvert près de Châteauroi n’était qu’un parmi d’autres, et minuscule encore à côté de la forteresse que Xardorok Pesteciel le roi duergar a fait surgir de la roche dans la chaîne de l’Échine depuis la tombée du Grand Hiver. Voilà leur ennemi véritable, celui qu’il faut arrêter.

Polaris est terrifiée par la sorcière et Anatole hésite, évidemment, à faire alliance avec ce culte diabolique. Mais Héthyle sait son âme condamnée aux Enfers à brève échéance et se rit des scrupules du vieux magicien. Elle juge son fils Cad incapable de les aider correctement — il n’a pas l’oreille de Levistus — et compte plutôt sur Avarice. Loxias, pragmatique, juge sage de la rencontrer de nouveau et d’envisager de lutter de conserve contre cette menace. Cela tombe bien : Avarice rentrera demain au château. En attendant, nos héros choisissent de dormir hors les murs, plutôt qu’à la merci des dagues sacrificielles du culte.

En repartant, Polaris prend le temps de parler à Lazare, le jeune garçon préposé au chenil. Dans un mélange de signes et de chuchotements, il comprend bien vite que sa mère est retenue prisonnière du culte, cachée quelque part dans un souterrain dont l’entrée se trouve aux pieds de la tour nord-ouest. C’est sans doute trop tôt pour agir et certainement très imprudent, mais Polaris lui jure que, si ce n’est aujourd’hui ni demain, bientôt, sa mère sera libre. Ne restait plus qu’à convaincre Romac de leur ouvrir les portes de son auberge vide pour y passer la nuit.

Spoiler:
J'ai donc pu mettre en scène le château à peu près comme je le souhaitais et j'en suis bien content. La dynamique a été intégralement mise en place dans cette session (rivalité Cad/Avarice, rôle de Cad à la fois petit bras, sympathique et pervers, havre de sécurité pour des tieflins persécutés mais à quel prix ? et enfin lieu de séquestration des précédents occupants !) Vous noterez que je laisse de côté l'histoire des pendentifs en chardalyne qui embrouillent tout, je préfère laisser la quête de chardalyne aux seuls duergars. Sinon, hormis la relation mère-fils ajoutée, c'est à peu près conforme à ce qui est écrit, dirais-je ! Et ça devrait donner lieu à encore une jolie session la fois prochaine (ou la suivante, ou bien plus tard encore, Anatole est vraiment très prudent).
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Re: [CR] D&D 5E — Rime of the Frostmaiden

Message par BenjaminP »

Mercredi soir, dans le Valbise !
 
Partie I — Fel ou la chute
Après leur surprenante visite du château sous la visible emprise d’un culte diabolique dévoué au duc de la Styge, qui offrait aux tieflins du Val une communauté loin des railleries et des persécutions des braves gens, nos trois héros allèrent passer la nuit au Haut de la colline, l’auberge du vieux Romac, qu’il fallut persuader un peu pour qu’il les acceptât. Loxias tenta bien de faire vibrer en lui la fibre de la charité, mais ce fut surtout Polaris qui sut le pousser à leur ouvrir ses portes, en lui rappelant leur proximité, leurs relations de bon voisinage et l’excellente bière naine que seul son père Athanase pouvait lui fournir.

Plus tard, sous le couvert de la nuit, Polaris explora un peu les lieux tandis que Romac, ivre mort, ronflait à pierre fendre. C’est ainsi qu’il trouva le registre où l’aubergiste avait documenté deux longues descentes aux enfers parallèles : celle de Châteaudun sous l’emprise du culte, et la sienne, dans la solitude et les affres de l’alcool. Il trouva aussi une cassette fermée à clé qu’il rapporta dans leur chambre. À sa grande surprise, son oncle Loxias, lui si pieux et si droit, sut la déverrouiller en un tournemain, pour dévoiler son contenu : une dague en chardalyne, et une clé très imposante, de celle dont seul un beau château pourrait avoir recours… Anatole, jetant un œil distrait à la cassette, remarqua tout de suite le double fond qu’elle dissimulait. Ils l’ouvrirent pour découvrir la page arrachée du registre du Romac, où celui-ci exprimait sa volonté farouche de faire quelque chose pour sauver les villageois, un jour, oh oui, il irait, sûr ! Armé de la dague qu’Héthyle avait offerte à son père, et de cette clé que lui avait autrefois confiée le vieux Crannoc Sivert, il irait au château et libérerait tout le monde ! Mais pas ce soir. Demain…

Évidemment, décision fut prise de faire ce que Romac n’avait jamais trouvé le courage d’entreprendre, trop abîmé d’alcool, de peur et de résignation. C’est ainsi qu’une paire d’heures avant l’aube nos héros sortirent de l’auberge pour aller au château. Le brave Perceval dodu des plumes voleta d’abord quelques minutes pour leur rapporter la présence des deux gargouilles d’Avarice, perchées sur le toit du corps d’habitation. Ainsi la sorcière blanche était de retour. L’opération pourrait s’avérer compliquée. Polaris grimpa malgré tout à l’assaut de la muraille et, ni une ni deux, repéra pour ses deux compagnons les prises les plus sûres. Loxias suivit, armure cliquetante mais gestes fermes, puis leur vieux mentor, qui préféra avoir recours dans la deuxième moitié du parcours au Plateau lévitant d’Anatole pour se hisser jusqu’en haut des remparts. De là, caché des gargouilles, ils descendirent à pas de loup dans la tour nord-ouest. Le jeune Lazare leur avait révélé plus tôt que les souterrains du château s’ouvraient à sa base ; tel était donc leur objectif.

Seulement, la base de cette tour était aussi le dortoir de six de ces cultistes et, bien sûr, l’armure de Loxias les trahit à ce moment. Alors qu’ils se regroupaient autour de la trappe, Fel ouvrit l’œil et sauta sur ses pieds, menaçante. Reconnaissant Anatole, elle le pria de s’expliquer séant, ce que le magicien habile accepta de faire en remontant à l’étage, loin des oreilles des autres dormeurs. Il lui tint là un discours vibrant. Allait-il laisser ces villageois prisonniers ? Jamais ! Pas plus qu’il n’avait jamais laissé quiconque s’en prendre à elle ! Comme il l’avait défendue, enfant, alors que les villageois voulaient « montrer à cette cornue comment on rôtit en Enfer », il libérerait ceux que Levistus tenait enfermés dans ce château ! Serait-elle son alliée, ou son adversaire ?

Une seconde qui lui parut un siècle s’écoula. L’avait-il persuadée de les laisser faire ? Mais tous les malheurs du monde ne se soignent pas avec des paroles et Fel l’empoigna sans ménagement pour tenter de le jeter au bas de l’escalier. Malgré ses rhumatismes et ses muscles tirés, Anatole tint bon et préserva le silence encore pour un instant. Mais Fel paraissait bien décidée à les empêcher d’agir. « Hors d’ici, ou je réveille tout le monde ! » chuchota-t-elle. « De toute façon elle est de retour et elle est en bas. Elle ne ferait de vous qu’une bouchée ! »
Polaris était toujours courbé près de la trappe, dans l’expectative, attendant le signal de ses aînés. Loxias, lui, s’était approché de l’escalier. C’était à lui qu’allait revenir cette décision, comprit-il dans l’instant : renoncer, fuir, ou courir le plus gros risque de leur vie pour sauver des inconnus, alors même qu’Avarice se trouverait sur leur route.

« Prosterne-toi devant Helm et laisse-nous passer, en silence ! » Ce n’était qu’un murmure qui jaillit de sa gorge et, pourtant, le poids de l’autorité divine s’y lut, clair comme le jour. Fel se prosterna sans même réfléchir. Quelques secondes seulement, qui suffirent à Loxias pour monter les marches qui la séparait d’elle, et la renvoyer à l’inconscience d’un coup sec.

La voie était libre.

Ils descendirent.
Dernière modification par BenjaminP le sam. mai 18, 2024 9:15 pm, modifié 2 fois.
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Message par BenjaminP »

Partie II — la citerne

La clé de Romac leur avait permis d’ouvrir la trappe vers ce qui semblait être une citerne si grande qu’une barque, amarrée au pied de l’échelle, permettait de s’y déplacer. L’autre bout du bassin paraissait sceller par une plaque de marbre bleu monumentale, probablement mobile mais dont le mécanisme ne se voyait nulle part. Une faible lueur émanait d’un recoin creusé dans la paroi sur le côté, aux deux tiers de la citerne, vers lequel ils naviguèrent aussi prudemment que possible. Il menait à un couloir orné d’une effigie à glacer non seulement le sang mais aussi tout le reste : un pilier de glace de huit pieds de haut, au centre duquel se distinguait une effigie humanoïde tendue de cuir pâle, le tout percé d’une lame et entouré de chaînes noires. Loxias reconnut sans mal les symboles de Levistus rassemblés dans cette statue blasphématoire. La source de lumière était un peu plus loin. Ils voulurent jouer de surprise mais, dans le silence absolu de ce caveau souterrain où la citerne répercutait le moindre écho, leur arrivée était attendue.

 Avarice était à son bureau et ne manifesta pas la moindre hostilité, au-delà d’une prudence de bon aloi qui lui fit saisir son bâton en même temps qu’elle saluait nos trois héros. Loxias s’avança alors, et plaida leur cause. Ils ne pouvaient pas laisser son culte emprisonner ainsi des innocents. Avec Helm, à leurs côtés, ils les libéreraient, quoi qu’il en coûte. Dût-elle s’opposer eux. « Mon culte ? » s’étonna Avarice la blanche. « Mais, mes bons amis, si Levistus m’accorde une graine de ses pouvoirs, ce n’est pas en raison de ma dévotion, parfaitement absente je vous assure. C’est par contrat. Et si celui-ci m’interdit d’entraver les agissements de ses fidèles, rien ne m’oblige à défendre leurs répugnantes pratiques. Vous voulez libérer ces gens ? Faites. » Et elle actionna le levier derrière elle. Ils entendirent alors, venu du fond de la citerne, le bruit de la plaque de marbre qui se soulevait lentement. « Je vous laisserai partir avec eux, reprit Avarice. À une condition : vous allez m’aider à me dégager de ce contrat. Je dois contrecarrer les plans d’Asmodée dans le Val pour mon maître, ce qui me libérera de ma servitude. Vous m’accompagnerez quand je rendrai visite au roi duergar, dans sa forteresse. Vous m’aiderez à ruiner son entreprise.
— C’est votre condition ? demanda Loxias. Très bien. Voici la mienne : vous quitterez le Val au plus vite dès lors que Xardorok sera tombé.
— Et vos amis ? » s’enquerra Avarice avec un regard pour Polaris et Anatole. « Il semblerait que Vellyne avait raison, à ce propos : ce vieux magicien a de la ressource.
— J’irai où ira mon oncle, l’assura Polaris.
— Je ne quitterai pas mes amis », conclut Anatole.

 Ainsi, Avarice satisfaite les laissa repartir. Ils trouvèrent derrière la plaque de marbre de la citerne cinq pauvres créatures à moitié tuées par le froid, dont la mère du petit Lazare et l’ancien chambellan de la Voix qu’ils connaissaient bien. Une à une, ils les convoyèrent de l’autre côté du bassin, priant que, là-haut, Fell ne se fût pas encore réveillée du coup que lui avait porté Loxias. À pas de loups ils grimpèrent, ouvrirent la trappe et se dirigèrent vers l’escalier qui les mènerait au sommet de la muraille. Mais Polaris dévia sa route. Il ne prit pas l’escalier mais sortit dans la cour, parmi les ombres, léger comme un souffle, jusqu’au chenil où, d’un geste, il intima le silence aux chiens, saisit dans ses bras le petit Lazare endormi, et monta avec lui jusque sur le chemin de ronde et, de là, au pied de la muraille, où Loxias et Anatole l’attendaient avec les prisonniers.
 L’aube se levait.

Spoiler:
Je ne suis pas mécontent du déroulé des événements, déjà parce que cette session a donné lieu à de véritables morceaux de bravoure de roleplay pour ces deux "négociations" serrées. Ensuite parce que ce n'est jamais facile de gérer le super PNJ de la mort très très méchant qui n'est pas censé les tuer. La campagne dit bien que Levistus lui ordonne de ne pas s'en prendre aux PJs, mais d'une, c'est un peu artificiel, de deux, c'est une chose de jouer le PNJ conformément aux instructions, c'en est une autre d'obtenir des PJs qu'ils se conforment aux intentions des auteurs et ne lui rentre pas dans le lard malgré tout. J'avais plutôt bien bordé la chose en faisant l'étalage discret de ses capacités, ce qui leur a permis de déduire que l'affronter n'était sans doute pas une très bonne idée. Mais j'ai surtout tordu un peu ses motivations en un sens qui me satisfait beaucoup. Avarice est une sorcière, elle tient ses pouvoirs d'un Diable, soit. Mais qu'elle lui doive ses pouvoirs ne dit pas qu'elle lui est dévouée, presque au contraire. On ne sait pas ce qui l'a poussée à signer ce contrat (ce sera peut-être intéressant à développer). La volonté de puissance, bon, sûrement. Mais peut-être autre chose, aussi. Et un contrat est un contrat : elle n'est pas tenue d'aller au-delà. Sa mission est de contrecarrer les plans d'Asmodée, pas de répandre le culte de Levistus. Ça a très bien fonctionné, et j'en suis ravi, parce que ce n'est quand même jamais gagné ce genre d'histoire. Mais je crois, là, que ma préfiguration a payé : il faut vraiment la présenter aux PJs avant Caer Dineval, pour que ça fonctionne.


 
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Re: [CR] D&D 5E — Rime of the Frostmaiden

Message par BenjaminP »

Partie III — Epilogue


Tandis qu'Anatole préparait aux prisonniers qui se réchauffaient devant l'âtre du Haut de la colline une tisane revigorante, Polaris observait les remparts, au loin. L'alerte n'avait pas été donnée, semblait-il. Fell s'était-elle seulement réveillée ? Elle respirait encore quand il l'avait portée dans sa couche pour ne pas éveiller les soupçons. Mais un coup tel que celui que lui avait porté Loxias, Polaris le savait, pouvait toujours aboutir à des drames. À moins qu'elle ait décidé que ces prisonniers ne méritaient finalement pas la mort ?
Il préférait malgré tout ne pas s'attarder et jeta un œil au ciel pour estimer si la journée permettrait le voyage, et dans quelle direction. Comme tous les matins, il espérait voir cette fois-ci le soleil rayonner et jaunir, s'élever de plus en plus haut dans le ciel et inonder le val de sa chaleur. Mais comme tous les matins, ce n'était toujours qu'une présence cachée derrière les montagnes de l'Échine, qui rougissait tout juste les nuages du sud. Mais ce matin-là, il distingua aussi, venu de l'ouest, une autre sorte de soleil : un freux qui vint se poser près de lui, un rouleau à la patte. Il caressa longuement l'animal avant de décrocher le rouleau de ses doigts tremblant pour y accrocher le sien en échange, les lettres de ces derniers jours. Sans qu'il l'entendît, Anatole, venu chercher la fraîcheur et les nouvelles du jour, s'approcha, suspicieux.
"Qu'est-ce que donc que ça, mon jeune ami ? Suis-je censé le savoir ?
— C'est l'amour, mon maître. Une lettre de Shila.
— Ah ! L'amour ! Alors, ne sursois pas ! Oublie les scrupules d'un vieillard !"
Polaris lâcha le freux qui repartit vers l'ouest en un croassement de plaisir.

Polaris,
mersi pour tes lettre qui sont très intéressantes toujours. Elles montre que ton coeur est bon, ce que je savais déjà mais j'ai plaisir quand tu me le rappelles.
Ici aussi le val est secoué. As-tu remarqué les animaux ? Je suis sure que oui. Quand ils me parlent, certains sont comme fous. Et les hommes, pire, comme toujours. Ils se tuent entre eux souvent, et là plus encore. Je les soigne quand même.
Passe me voir au lac, si tu le veux bien. J'aurai besoin de ton aide, et de te voir. J'ai hate de rencontrer ton oncle aussi. Et de revoir le vieil Anatole. Attention à toi.
Et à Boy. Il a l'air gentil.

Spoiler:
Oui, j'ai décidé de les envoyer vers Targos ou Termalaine, et de là à Lonelywood, Solitude, histoire qu'ils aient visité la moitié des dix villages et effectué quatre des quêtes proposées au chapitre 1. Comme ils ont évité l'obstacle à Caer Konig, ils n'en sont vraiment qu'à trois, pour l'instant, ce qui est un peu juste ; par ailleurs, je n'ai pas encore eu l'occasion d'introduire les nomades du Reghed et les druides dévouées à Auril qui manipulent les animaux du Val. Et puis on s'amuse bien et ça nous permet surtout d'envoyer Polaris voir sa belle. Bref, encore deux ou trois sessions à prévoir avant de passer au chapitre 2, probablement à la rentrée !
 
Dernière modification par BenjaminP le mer. juin 05, 2024 4:47 pm, modifié 1 fois.
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Elijah Shingern
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Re: [CR] D&D 5E — Rime of the Frostmaiden

Message par Elijah Shingern »

Malgré mes prises de risque insensées, nous sommes toujours vivants, par la grâce de Helm :mrgreen:
Vous nous voyez parmi les nations
Nous battrons-nous toujours pour la terre charnelle
Ne déposerons-nous sur la table éternelle
Que des cœurs pleins de guerre et de séditions
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Islayre d'Argolh
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Re: [CR] D&D 5E — Rime of the Frostmaiden

Message par Islayre d'Argolh »

Ce qui me marque le plus dans cette séance c'est que la relation "impromptue" entre Fel et Anatole est devenue/va devenir une relation tragique par la force des dés.

C'est bel et bon - c'est aussi ça la force du jdr - mais c'est vrai que ça m'oblige un peu a changer de braquet concernant le roleplay du personnage... Surtout si nos PJ se retrouvent dans l'obligation de faire usage de la force a la prochaine séance pour défendre la liberté retrouvée des prisonniers.

Il va falloir mettre les Pratchetteries entre parenthèse pendant quelques heures...
You are the rulebook. There is no other rulebook.
Make it fast, make it colorful and make it full of decisions for the players


la Cité sans Nom, CdO et autres bêtises au d20
Squatte la chaine des Vieux Geeks ainsi que JdR Passion
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