Je m’interroge sur le jeu de rôle
- Etienne C
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Je m’interroge sur le jeu de rôle
J’y suis entré en 1984, et depuis, je ne l’ai jamais quitté. Il traverse ma vie comme le kendo : non pas comme un simple loisir, mais comme une discipline intérieure, une fidélité, presque une manière d’habiter le temps. Je crois qu’il m’accompagnera jusqu’à mon dernier souffle.
Entre-temps, trois de mes amis ont déjà franchi l’autre rive : Alain, Marc et Gilles. Ils ont quitté cette vie pour l’éternité. Que Dieu les garde en sa sainte lumière. Leur souvenir demeure, et avec lui tout ce que nous avons partagé autour d’une table, dans l’espace fragile et puissant de l’imaginaire.
Les années ont passé, et le rythme des parties s’est ralenti. C’est sans doute la loi du temps. J’ai initié beaucoup de personnes au jeu de rôle ; je les ai vues entrer dans cet art, y faire leurs premiers pas, y découvrir peut-être une liberté nouvelle. Mais je ne sais pas toujours ce qu’elles en ont fait ensuite, ni ce qu’il est resté en elles de cette flamme.
Pour ma part, j’ai surtout vécu le jeu de rôle sous sa forme la plus ample, la plus exigeante : la campagne. Non pas seulement quelques aventures isolées, mais de vastes traversées. À part quelques campagnes autour d’Hellywood ou de Star Wars D6, qui, un temps, ont suivi leur propre voie avant de finir par rejoindre mon univers, j’ai essentiellement construit de grandes œuvres au long cours. Il y en a six, six grandes campagnes d’une trentaine de scénarios chacune. Et chaque scénario, en moyenne, se déploie en neuf scènes, pour environ sept heures de jeu.
C’est dire si je conçois le jeu de rôle comme une œuvre de patience, de souffle et de mémoire ; comme un édifice que l’on bâtit pierre après pierre, séance après séance, année après année.
Et c’est précisément là que naît mon interrogation.
Les nouvelles générations de rôlistes acceptent-elles encore une telle ampleur ? Peuvent-elles, veulent-elles encore s’engager dans une aventure dont l’horizon ne se dévoilera qu’après trente scénarios ? Entrer dans une histoire en sachant que sa fin est lointaine, qu’elle demandera du temps, de la constance, de la présence, une fidélité presque artisanale ?
Déjà, dans les années 1990, les plus grandes campagnes publiées semblaient souvent se limiter à sept ou dix scénarios. Aujourd’hui, il me semble en voir bien peu qui osent encore cette démesure. J’en viens alors à me demander si notre époque supporte encore les longues durées. Les joueurs d’aujourd’hui consentent-ils encore à s’asseoir autour d’une table pendant sept ou huit heures ? Ou bien préfèrent-ils des formats plus brefs, plus nerveux, resserrés en trois heures, davantage accordés au rythme contemporain ?
Ces questions me sont revenues avec force lors de la dernière réécriture de mes propres campagnes de Tsuvadra. Et, comme si cela ne suffisait pas, j’y ai ajouté un autre univers : Ichthus, qui propose d’explorer le temps des premiers chrétiens à travers un autre corpus de règles, une autre tonalité, une autre densité spirituelle.
Peut-être est-ce là, au fond, le cœur de mon questionnement : qu’est devenue cette pratique artistique qu’est le jeu de rôle ? Que cherche-t-on encore en elle ? L’immersion brève ou la longue transformation ? Le divertissement immédiat ou la construction patiente d’un monde, d’une mémoire commune, d’une aventure qui nous dépasse ?
C’est pourquoi j’aimerais vous entendre, vous, rôlistes.
Où en êtes-vous aujourd’hui dans votre pratique ? Que cherchez-vous encore lorsque vous vous asseyez à une table ? Êtes-vous toujours prêts pour les grandes campagnes, pour les œuvres longues, pour les récits qui prennent le temps de mûrir ? Ou sentez-vous, vous aussi, que quelque chose a changé dans notre manière de jouer, de raconter, d’habiter l’imaginaire ?
Elles vont bientôt mourir
Les cigales; on ne s'en douterait pas
Lorsqu'on les écoute.
Matsu Bashô
Tsuvadra Univers

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- Orlov
- Dieu d'après le panthéon
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle
Ce qui a changé c'est ma vie. En tant que MJ, elle me laisse moins de temps de préparation, de jeu et l'envie d'achever ce que je commence dans un délai raisonnable pour pouvoir recommencer et finir de nouveau une histoire dans un délai raisonnable avant d'explorer une troisième histoire et en explorer la profondeur dans un délai raisonnable.
Comme mes joueurs ont la même âge que moi à cinq ou six ans près, on est alignés sur les mêmes objectifs.
D'autant plus que nos vies rolistes nous ont laissé pléthore de souvenirs de campagnes jouées deux soirs par semaine pendant des années. Il n'y a donc pas de manques de ce côté là.
Quant à ce qu'on cherche il y a bien sûr une part de la première émotion à retrouver, une part de l'excitation de vivre une nouvelle aventure et de relever des défis ludiques, une part de sociabilisation avec des amis si chers qu'ils sont une autre famille et enfin une part de divertissement au sens existentiel.
Je dois aussi préciser que j'ai perdu coup sur coup deux amis joueurs et que le fait de ne pas avoir pu finir ce que nous avions commencé avec eux m'a fait prendre conscience que même le temps ludique m'était compté.
Quant aux jeunes générations, je ne peux que constater que les quelques joueurs plus jeunes que je fréquente en cadre associatif n'ont absolument aucun a priori contre des trucs longs qui t'emportent pendant des années. Par ailleurs, j'ai plutôt l'impression que le fait qu'une campagne soit longue ou pas dépend du jeu, de l'univers, de la notoriété de celle-ci (les campagnes iconiques rééditées sont encore plus massives). En revanche, spécifiquement pour D&D, le format de la campagne en un seul bouquin procède, à mon sens, autant d'un choix marketing qu'un questionnement ludique sur le sens de ce qu'on peut jouer passés les niveaux 14 ou 15.
Bref, des impressions personnelles dont je ne saurai faire ni généralisation, ni poème...
Comme mes joueurs ont la même âge que moi à cinq ou six ans près, on est alignés sur les mêmes objectifs.
D'autant plus que nos vies rolistes nous ont laissé pléthore de souvenirs de campagnes jouées deux soirs par semaine pendant des années. Il n'y a donc pas de manques de ce côté là.
Quant à ce qu'on cherche il y a bien sûr une part de la première émotion à retrouver, une part de l'excitation de vivre une nouvelle aventure et de relever des défis ludiques, une part de sociabilisation avec des amis si chers qu'ils sont une autre famille et enfin une part de divertissement au sens existentiel.
Je dois aussi préciser que j'ai perdu coup sur coup deux amis joueurs et que le fait de ne pas avoir pu finir ce que nous avions commencé avec eux m'a fait prendre conscience que même le temps ludique m'était compté.
Quant aux jeunes générations, je ne peux que constater que les quelques joueurs plus jeunes que je fréquente en cadre associatif n'ont absolument aucun a priori contre des trucs longs qui t'emportent pendant des années. Par ailleurs, j'ai plutôt l'impression que le fait qu'une campagne soit longue ou pas dépend du jeu, de l'univers, de la notoriété de celle-ci (les campagnes iconiques rééditées sont encore plus massives). En revanche, spécifiquement pour D&D, le format de la campagne en un seul bouquin procède, à mon sens, autant d'un choix marketing qu'un questionnement ludique sur le sens de ce qu'on peut jouer passés les niveaux 14 ou 15.
Bref, des impressions personnelles dont je ne saurai faire ni généralisation, ni poème...
Cryoban a écrit : Le vrai problème c'est les gens.
Florentbzh a écrit : J'avoue ne pas bien comprendre ce qu'on peut jouer, mais si cela existe c'est qu'il doit bien y avoir une raison.
Mildendo a écrit : Faire du Jdr c'est prendre une voix bizarre et lancer des dés en racontant qu'on tue des gobs.
-
Malone
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle
hello...
bon ben chuis un mauvais exemple, presque 50 ans, 8 tables différentes (avec le plus jeune pj qui a 20 ans et le plus vieux 78 ! ça donne une moyenne à 30+ je pense), sur 10 jdr différents dont certains commencé il y a plus de 3 ans, des campagnes finies (là chuis fier de dire que j'arrive à un bon 85% de réussite !) , quasiment une partie par soir, des trucs en projets (je veux faire une westmarch en liant toutes mes tables ! j'en ai déjà convaincu 4 !), un peu de production perso etc etc..
Ce qui a changé :
- la pratique en ligne est devenue la norme pour moi depuis le covid, c'est 80% de mon activité,
- la durée moyenne de mes campagnes, avant j'étais à 4-5 ans en moyenne et là on est descendu à 2-3 ans en moyenne,
- ma forme physique et mentale (on vieillit donc voilà), j'ai écourté ma durée de maitrise d'une paire d'heures en présentiel (avant les 8 h de jeu me faisaient pas peur, là si on tape un 6h c'est pas mal) mais en ligne chuis toujours à mes 3h,
- je suis plus centré sur ce que je propose et suit bien plus organisé qu'avant (bon, vu le planning de la semaine c'est obligé !)
- j'ai changé ma vision des grandes campagnes pour rendre cela plus appétant pour moi et mes pj, en gros exit les classique et on innove,, par exemple mes parties de SR sont toutes dans la même timeline et se répondent parfois assez fort.
- je vend mieux mes projets qu'avant tout en consultant un maximum mes tables sur leurs envies, retours et ressentis, je le faisais pour ainsi dire pas avant, ça a commencé depuis le covid et le Grand Enfermement !
A noter que je n'ai ni regrets, ni remords, ni scrupules dans ma pratique, chacun fait comme il l'entend et Satan sera bien gardé !
ah et je me suis jamais autant amusé que ces dernières années !
bonne fin de week end
bon ben chuis un mauvais exemple, presque 50 ans, 8 tables différentes (avec le plus jeune pj qui a 20 ans et le plus vieux 78 ! ça donne une moyenne à 30+ je pense), sur 10 jdr différents dont certains commencé il y a plus de 3 ans, des campagnes finies (là chuis fier de dire que j'arrive à un bon 85% de réussite !) , quasiment une partie par soir, des trucs en projets (je veux faire une westmarch en liant toutes mes tables ! j'en ai déjà convaincu 4 !), un peu de production perso etc etc..
Ce qui a changé :
- la pratique en ligne est devenue la norme pour moi depuis le covid, c'est 80% de mon activité,
- la durée moyenne de mes campagnes, avant j'étais à 4-5 ans en moyenne et là on est descendu à 2-3 ans en moyenne,
- ma forme physique et mentale (on vieillit donc voilà), j'ai écourté ma durée de maitrise d'une paire d'heures en présentiel (avant les 8 h de jeu me faisaient pas peur, là si on tape un 6h c'est pas mal) mais en ligne chuis toujours à mes 3h,
- je suis plus centré sur ce que je propose et suit bien plus organisé qu'avant (bon, vu le planning de la semaine c'est obligé !)
- j'ai changé ma vision des grandes campagnes pour rendre cela plus appétant pour moi et mes pj, en gros exit les classique et on innove,, par exemple mes parties de SR sont toutes dans la même timeline et se répondent parfois assez fort.
- je vend mieux mes projets qu'avant tout en consultant un maximum mes tables sur leurs envies, retours et ressentis, je le faisais pour ainsi dire pas avant, ça a commencé depuis le covid et le Grand Enfermement !
A noter que je n'ai ni regrets, ni remords, ni scrupules dans ma pratique, chacun fait comme il l'entend et Satan sera bien gardé !
ah et je me suis jamais autant amusé que ces dernières années !
bonne fin de week end
Dernière modification par Malone le dim. juin 07, 2026 6:48 pm, modifié 1 fois.
"J'ai tué le sérieux il y a longtemps"
Moi, Circa 10h30 ce matin
Mes prod sur Itch : Malone77 - itch.io (du Frontière, du Dredd et d'autres trucs)
Moi, Circa 10h30 ce matin
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DocteurQui
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- Localisation : Sud
Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle
Comme @Orlov, je n'irais que de mon avis subjectif, qui n'est ni une généralité, un modèle ou encore moins une vérité, mais bien un simple constat issu de mes expériences personnelles.
Pour ma part, j'ai débuté le JdR fin des 80's début des 90's, j'ai changé plusieurs fois de jeu (régulier, au long cours), j'en ai 'juste essayé' une quantité non négligeable, mais je ne saurais dire si ma pratique à réellement changé. Évoluer, certainement, mais changer, fondamentalement, je ne pense pas.
Oui, plus jeune, je pouvais passer les week-ends chez des potes, dormir sur place, enchainer 16h de jeu sans me soucier de quoique ce soit d'autre et remettre ça le lendemain. Aujourd'hui, ce serait carrément plus compliqué... La vie, les obligations, l'âge, tout ça...
Avec le temps, et encouragé par le fait de déménager souvent, je suis devenu serial-MJ, devant initier le JdR à d'autres si je voulais continuer à jouer.
Maintenant, est-ce que j'ai plus maitriser de parties 'campagne' étalées sur une ou plusieurs années, des aventures 'moyennes' qui prenaient moins plus ou moins un an à boucler, ou des 'one-shot' qui tiennent sur moins de 12h..? Je dirais que ce que j'ai le moins roulé, ce sont les 'one-shot' en tant que tels. J'en ai intégré pleins à pas mal d'autres histoires au long cours, mais même un Kit d'Initiation, ça peut nous faire l'année sans forcer et en s'amusant à chaque séance.
Après, j'ai aussi vu la pratique évoluer de son côté, passant effectivement à une culture ludique différente, avec des gens plus 'pressés', qui ont presque 'besoin' que ça ne dure qu'une soirée... Ce n'est pas ma façon de faire, mais ça existe et on ne peut pas le nier. Le marché a d'ailleurs suivi le mouvement et propose de plus en plus de boites clefs en main dont le but affiché est clairement de fournir tout ce qu'il faut pour faire "une soirée". Pré-tirés, jetons, cartes, handouts, dés, etc, tout dans une boite, et en avant ! Mais on a vu ça aussi sur les jeux de plateau de manière plus globale.
Finalement, je pense que la pratique dépend avant tout de la manière dont on a été initié, qu'on a fait évoluer avec l'expérience pour coller au schéma qui nous convient le mieux, et avec laquelle on initie les autres. Si on habitue les joueurs à des aventures sur rails qu'ils peuvent boucler en une soirée, c'est à ça qu'il vont s'attendre par la suite. En revanche, si ils font leurs armes sur une aventure qu'ils ont vécu comme une petite campagne, quand bien même le scénario tiendrait sur un post-it, tant que l'univers est vivant et qu'ils ont senti qu'ils y avaient une place, et qu'ils avaient un impact, sur l'environnement, sur les PNJ, etc, ça change tout, et c'est ces sensations qu'ils voudront retrouver.
Pour ma part, j'ai débuté le JdR fin des 80's début des 90's, j'ai changé plusieurs fois de jeu (régulier, au long cours), j'en ai 'juste essayé' une quantité non négligeable, mais je ne saurais dire si ma pratique à réellement changé. Évoluer, certainement, mais changer, fondamentalement, je ne pense pas.
Oui, plus jeune, je pouvais passer les week-ends chez des potes, dormir sur place, enchainer 16h de jeu sans me soucier de quoique ce soit d'autre et remettre ça le lendemain. Aujourd'hui, ce serait carrément plus compliqué... La vie, les obligations, l'âge, tout ça...
Avec le temps, et encouragé par le fait de déménager souvent, je suis devenu serial-MJ, devant initier le JdR à d'autres si je voulais continuer à jouer.
Maintenant, est-ce que j'ai plus maitriser de parties 'campagne' étalées sur une ou plusieurs années, des aventures 'moyennes' qui prenaient moins plus ou moins un an à boucler, ou des 'one-shot' qui tiennent sur moins de 12h..? Je dirais que ce que j'ai le moins roulé, ce sont les 'one-shot' en tant que tels. J'en ai intégré pleins à pas mal d'autres histoires au long cours, mais même un Kit d'Initiation, ça peut nous faire l'année sans forcer et en s'amusant à chaque séance.
Après, j'ai aussi vu la pratique évoluer de son côté, passant effectivement à une culture ludique différente, avec des gens plus 'pressés', qui ont presque 'besoin' que ça ne dure qu'une soirée... Ce n'est pas ma façon de faire, mais ça existe et on ne peut pas le nier. Le marché a d'ailleurs suivi le mouvement et propose de plus en plus de boites clefs en main dont le but affiché est clairement de fournir tout ce qu'il faut pour faire "une soirée". Pré-tirés, jetons, cartes, handouts, dés, etc, tout dans une boite, et en avant ! Mais on a vu ça aussi sur les jeux de plateau de manière plus globale.
Finalement, je pense que la pratique dépend avant tout de la manière dont on a été initié, qu'on a fait évoluer avec l'expérience pour coller au schéma qui nous convient le mieux, et avec laquelle on initie les autres. Si on habitue les joueurs à des aventures sur rails qu'ils peuvent boucler en une soirée, c'est à ça qu'il vont s'attendre par la suite. En revanche, si ils font leurs armes sur une aventure qu'ils ont vécu comme une petite campagne, quand bien même le scénario tiendrait sur un post-it, tant que l'univers est vivant et qu'ils ont senti qu'ils y avaient une place, et qu'ils avaient un impact, sur l'environnement, sur les PNJ, etc, ça change tout, et c'est ces sensations qu'ils voudront retrouver.
"On n'arrête pas de jouer parce qu'on devient vieux ; on devient vieux parce qu'on arrête de jouer."
George Bernard Shaw
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- Inscription : mer. mai 17, 2006 11:34 am
Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle
Pour ma part, je ne sais plus quand j'ai joué pour la dernière fois, mais ça fait plusieurs années.
Je n'ai plus envie.
Mes dernières tentatives de campagnes ont toutes foiré pour diverses raisons. Et parfois des critiques sur ma façon de mener, comme mon refus de donner de la magie aux PJ des Masques de Nyarlathotep, ou mon refus de divulguer les difficultés sur L5R 5e édition, qui aurait été responsable de l'incompétence des PJ...
Il me semble que ma dernière maîtrise s'agit d'une moitié de partie de Maléfices qui n'a jamais été finie par manque d'envie de la part des participants.
Au fur et à mesure de ces échecs, j'ai acquis la conviction que j'avais perdu la main, que je n'étais plus capable de proposer des campagnes intéressantes.
J'ai aussi du mal avec les systèmes du commerce, et un peu peur de proposer des systèmes pas testés.
Et être simple joueur m'emmerde.
Et les joueurs avec qui j'avais l'habitude de jouer se sont éloignés géographiquement, mais c'est un faux problème avec internet. Mais des parties à répétition de jeu de plateau par ce média m'ont un peu refroidi, celles-ci tournant un peu trop facilement à l'engueulade...
Je n'ai plus envie.
Mes dernières tentatives de campagnes ont toutes foiré pour diverses raisons. Et parfois des critiques sur ma façon de mener, comme mon refus de donner de la magie aux PJ des Masques de Nyarlathotep, ou mon refus de divulguer les difficultés sur L5R 5e édition, qui aurait été responsable de l'incompétence des PJ...
Il me semble que ma dernière maîtrise s'agit d'une moitié de partie de Maléfices qui n'a jamais été finie par manque d'envie de la part des participants.
Au fur et à mesure de ces échecs, j'ai acquis la conviction que j'avais perdu la main, que je n'étais plus capable de proposer des campagnes intéressantes.
J'ai aussi du mal avec les systèmes du commerce, et un peu peur de proposer des systèmes pas testés.
Et être simple joueur m'emmerde.
Et les joueurs avec qui j'avais l'habitude de jouer se sont éloignés géographiquement, mais c'est un faux problème avec internet. Mais des parties à répétition de jeu de plateau par ce média m'ont un peu refroidi, celles-ci tournant un peu trop facilement à l'engueulade...
Sois satisfait des fruit, des fleurs et même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles.
Ne pas monter bien haut peut-être, mais tout seul.
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles.
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- Dany40
- Dieu d'après le panthéon
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- Inscription : ven. avr. 28, 2017 2:04 pm
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle
Je comprend l'interrogation portée par ce fil de discussion, le jeu de rôle par nature porte une sorte de notion de temps long (préparation, durée de partie, durée de la pratique dans le temps etc ...) qui ne semble pas trop correspondre aux priorités d'instantanéité de notre époque du "tout, tout de suite".
Mais même si cet écart est vrai, je pense sincèrement que le jeu de rôle est en capacité de proposer des alternatives. Déjà le format d'utilisation du jeu de rôle peut largement d'adapté au temps court ... et pas mal de choses produites aujourd'hui vont dans ce sens, mais au delà de cela j'ai le sentiment que le jeu de rôle peut révéler chez son nouveau public une appétence surprenante pour le temps long.
C'est un loisir qui porte cette pulsion, pour certains et certaines, d'aller plus loin dans la proposition ... de creuser, de chercher à dépasser le point d'entrée et ses limites. Le jeu de rôle, même de nos jours, impose de faire quelques calculs, de prendre le temps de la lecture. Pour certains cela restera des contraintes à éviter à tout prix, mais pour d'autres (y compris parmi les plus jeunes) ce sera une ambition et une partie du développement du plaisir.
Nous sommes toujours orphelins d'une vrai analyse de marché et d'une vrai analyse approfondie des pratiques de JDR ... pas mal de choses ont été tentées, mais dans des formats limités par les moyens à disposition, ce qui laisse un grand flou et nous laisse esclave de nos impressions de proximité. Du coup, bien malin qui pourrait dire exactement ce que les nouvelles générations font (ou ne font pas) avec le jeu de rôle.
Mais même si cet écart est vrai, je pense sincèrement que le jeu de rôle est en capacité de proposer des alternatives. Déjà le format d'utilisation du jeu de rôle peut largement d'adapté au temps court ... et pas mal de choses produites aujourd'hui vont dans ce sens, mais au delà de cela j'ai le sentiment que le jeu de rôle peut révéler chez son nouveau public une appétence surprenante pour le temps long.
C'est un loisir qui porte cette pulsion, pour certains et certaines, d'aller plus loin dans la proposition ... de creuser, de chercher à dépasser le point d'entrée et ses limites. Le jeu de rôle, même de nos jours, impose de faire quelques calculs, de prendre le temps de la lecture. Pour certains cela restera des contraintes à éviter à tout prix, mais pour d'autres (y compris parmi les plus jeunes) ce sera une ambition et une partie du développement du plaisir.
Nous sommes toujours orphelins d'une vrai analyse de marché et d'une vrai analyse approfondie des pratiques de JDR ... pas mal de choses ont été tentées, mais dans des formats limités par les moyens à disposition, ce qui laisse un grand flou et nous laisse esclave de nos impressions de proximité. Du coup, bien malin qui pourrait dire exactement ce que les nouvelles générations font (ou ne font pas) avec le jeu de rôle.
« Les hommes doués intellectuellement savent qu’il n’y a pas de différence nette entre le réel et l’irréel, que les choses ne nous apparaissent qu’à travers la délicate synthèse physique et mentale qui s’opère subjectivement en chacun de nous. » HP Lovecraft
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Teomme
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle
Perso, je joue comme jamais.
Deux fois par semaines. Une soirée en présentiel (20h-1h du mat') et une en ligne (21h-23h)
Les campagnes longues, je les imagine souvent (je suis MJ 99% du temps) mais en vrai on n'en fait jamais.
Même avec mes amis les plus anciens, qui ont commencé le jdr dans les années 80 et avec qui on a joué pendant 10 ans, on a jamais terminé une campagne.
Maintenant je fais des campagnes en 10 séances, on les finit, on a une vrai satisfaction et le plaisir de repartir pour un tour sur un autre jeu, ou de reprendre un jeu déjà joué pour une nouvelle campagne. Sans compter que niveau organisation c'est bien plus simple.
On ne juge pas un livre au nombre de pages, un film à sa durée ou une série à son nombre d'épisode. Pareil pour le jdr.
La longueur n'est pas un gage de qualité et les "nouvelles générations" n'ont pas "perdu" ou je sais pas quoi. Elles ont fait évolué le jdr en le nettoyant de tout ce qui ne fonctionnait pas, à commencé par se départir des aspects wargames qui lui collent toujours aux basques.
Le jdr est bien plus varié aujourd'hui et c'est tant mieux. Pour rien au monde je ne reviendrais au jdr comme je le pratiquais il y a 25 ans.
Aujourd'hui mes parties sont plus courtes mais bien plus denses aussi.
Et je me considère comme un passionné qui voit aussi le jdr comme un art au croisement de la littérature, du théâtre et du spectacle vivant !
Deux fois par semaines. Une soirée en présentiel (20h-1h du mat') et une en ligne (21h-23h)
Les campagnes longues, je les imagine souvent (je suis MJ 99% du temps) mais en vrai on n'en fait jamais.
Même avec mes amis les plus anciens, qui ont commencé le jdr dans les années 80 et avec qui on a joué pendant 10 ans, on a jamais terminé une campagne.
Maintenant je fais des campagnes en 10 séances, on les finit, on a une vrai satisfaction et le plaisir de repartir pour un tour sur un autre jeu, ou de reprendre un jeu déjà joué pour une nouvelle campagne. Sans compter que niveau organisation c'est bien plus simple.
On ne juge pas un livre au nombre de pages, un film à sa durée ou une série à son nombre d'épisode. Pareil pour le jdr.
La longueur n'est pas un gage de qualité et les "nouvelles générations" n'ont pas "perdu" ou je sais pas quoi. Elles ont fait évolué le jdr en le nettoyant de tout ce qui ne fonctionnait pas, à commencé par se départir des aspects wargames qui lui collent toujours aux basques.
Le jdr est bien plus varié aujourd'hui et c'est tant mieux. Pour rien au monde je ne reviendrais au jdr comme je le pratiquais il y a 25 ans.
Aujourd'hui mes parties sont plus courtes mais bien plus denses aussi.
Et je me considère comme un passionné qui voit aussi le jdr comme un art au croisement de la littérature, du théâtre et du spectacle vivant !
- Loris
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle
Je joue une fois par semaine (semaine paire : en ligne), semaine impaire : présentiel). Je finis rarement mes campagnes mais c’est souvent du à des contraintes externes.
Mais je m’en tape un peu. Tel Sysyphe, je prends les memes, une autre campagne, et je recommence.
La vie de famille ne me permet pas de faire plus (encore plus quand c’est dans l’un des deux mois de l’année où s’ajoutent les séances de voile en j/80).
Mais je m’en tape un peu. Tel Sysyphe, je prends les memes, une autre campagne, et je recommence.
La vie de famille ne me permet pas de faire plus (encore plus quand c’est dans l’un des deux mois de l’année où s’ajoutent les séances de voile en j/80).
"Over the centuries, mankind has tried many ways of combating the forces of evil... prayer, fasting, good works and so on. Up until 'DooM', no one seemed to have thought about the double-barrel shotgun. Eat leaden death, demon!"
~Terry Pratchett
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle
J'ai peu joué et actuellement, je dois être à une partie tous les 5 ans dans les bonnes périodes.
Mais concernant les jeunes joueurs et la durée : je crois surtout que le marché propose maintenant des produit avec un faible coût d'entrée.
Faible coût d'entrée = on peut faire une partie sur le pouce, donc peu de préparation et durée limitée ; limite le format d'une partie de Loups Garous de Thierceleux.
Ce format court permet d'initier plein de gens, et sans doute parmi celleux-là certaines deviendront des joueuses au long cours, et permet à des gens d'avoir une pratique occasionnelle.
Mais on ne saurait généraliser et dire que ça forme la majeure partie des pratiques.
Mais concernant les jeunes joueurs et la durée : je crois surtout que le marché propose maintenant des produit avec un faible coût d'entrée.
Faible coût d'entrée = on peut faire une partie sur le pouce, donc peu de préparation et durée limitée ; limite le format d'une partie de Loups Garous de Thierceleux.
Ce format court permet d'initier plein de gens, et sans doute parmi celleux-là certaines deviendront des joueuses au long cours, et permet à des gens d'avoir une pratique occasionnelle.
Mais on ne saurait généraliser et dire que ça forme la majeure partie des pratiques.
Dernière modification par cdang le lun. juin 08, 2026 1:00 pm, modifié 1 fois.
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Vous êtes mort
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- Belphégor
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle
Je rejoins globalement les observations de OP, même si pour le coup je ne suis pas du tout de la même génération roliste, car moi et mes copains sommes arrivés lors de la hype de "Aventures" du JDG lorsque nous étions au collège/lycée.
Je ne sais pas si mon expérience est représentative pour tout le monde, mais en tous cas par chez moi le constat est clair, aujourd'hui les gens ne veulent plus faire d'effort pour le jeu de rôle.
Depuis presque deux ans, mon cercle de joueurs se réduit inexorablement sans que je ne parvienne à y remédier, l'attrition est due au fait qu'en vieillissant mes copains vétérans n'ont plus envie de s'investir, il ne me reste que deux joueurs irréductibles. Et derrière la génération "Critical Role" ne suit pas, parce que ces gens sont plus attirés par "l'idée" de faire partie de la communauté JDR que de réellement participer à cette activité en mettant les mains dans le cambouis. Y a pas de problèmes pour s'enquiller 10 heures de live de Matt Mercer, par contre dès qu'il faut faire un peu d'efforts: comme dégager 3 heures un dimanche après midi, lire des règles qui ne sont pas D&D 5 (voir même MON DIEU QUELLE HORREUR, UN JDR NARRATIVISTE) là y a plus personne, c'est trop demander. Ma dernière campagne, que j'ai toujours en travers de la gorge car elle m'a demandé 1 an de travail pour le lore, à totalement explosée en plein vol à cause de joueurs ingrats qui finalement n'avaient pas envie de s'investir, de la confiture donnée à des cochons, j'y réfléchirai à deux fois avant de mettre à nouveau un tel niveau d'effort dans une campagne.
Est-ce la qualité de mon Game Mastering ? Peut être, pourtant en convention les juges qui me notent (quel concept étrange çà, donner une note à une performance de convention) n'ont apparemment jamais trouvé rien à redire quand à mes performances, allant même jusqu'à me remettre des prix.
De façon globale, le JDR n'est pas attractif pour la génération Tik Tok dont la capacité d'attention à été complètement flinguée, donc tout ce qui est un peu trop long, un peu trop compliqué, est voué à être abandonné. Je ne sais pas comment çà se passe ailleurs, mais là où j'habite, lorsque je serais mort, lorsque les autres MJ seront mort, le JDR disparaitra, purement et simplement.
Aujourd'hui, la disparition de mon groupe de JDR semblant être inévitable, je commence à me tourner vers le jeu en ligne, sauf qu'apparemment le problème est encore pire. La situation s'est dégradée à un point où je ne sais pas si l'année prochaine je ferais encore du JDR …
C'est la merde, la vrai.
Je ne sais pas si mon expérience est représentative pour tout le monde, mais en tous cas par chez moi le constat est clair, aujourd'hui les gens ne veulent plus faire d'effort pour le jeu de rôle.
Depuis presque deux ans, mon cercle de joueurs se réduit inexorablement sans que je ne parvienne à y remédier, l'attrition est due au fait qu'en vieillissant mes copains vétérans n'ont plus envie de s'investir, il ne me reste que deux joueurs irréductibles. Et derrière la génération "Critical Role" ne suit pas, parce que ces gens sont plus attirés par "l'idée" de faire partie de la communauté JDR que de réellement participer à cette activité en mettant les mains dans le cambouis. Y a pas de problèmes pour s'enquiller 10 heures de live de Matt Mercer, par contre dès qu'il faut faire un peu d'efforts: comme dégager 3 heures un dimanche après midi, lire des règles qui ne sont pas D&D 5 (voir même MON DIEU QUELLE HORREUR, UN JDR NARRATIVISTE) là y a plus personne, c'est trop demander. Ma dernière campagne, que j'ai toujours en travers de la gorge car elle m'a demandé 1 an de travail pour le lore, à totalement explosée en plein vol à cause de joueurs ingrats qui finalement n'avaient pas envie de s'investir, de la confiture donnée à des cochons, j'y réfléchirai à deux fois avant de mettre à nouveau un tel niveau d'effort dans une campagne.
Est-ce la qualité de mon Game Mastering ? Peut être, pourtant en convention les juges qui me notent (quel concept étrange çà, donner une note à une performance de convention) n'ont apparemment jamais trouvé rien à redire quand à mes performances, allant même jusqu'à me remettre des prix.
De façon globale, le JDR n'est pas attractif pour la génération Tik Tok dont la capacité d'attention à été complètement flinguée, donc tout ce qui est un peu trop long, un peu trop compliqué, est voué à être abandonné. Je ne sais pas comment çà se passe ailleurs, mais là où j'habite, lorsque je serais mort, lorsque les autres MJ seront mort, le JDR disparaitra, purement et simplement.
Aujourd'hui, la disparition de mon groupe de JDR semblant être inévitable, je commence à me tourner vers le jeu en ligne, sauf qu'apparemment le problème est encore pire. La situation s'est dégradée à un point où je ne sais pas si l'année prochaine je ferais encore du JDR …
C'est la merde, la vrai.
- Morningkill
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle
Moi moi moi, je joue avec les 3 mêmes personnes depuis 30 ans, + 2 nouveaux qui ne sont la que depuis 20 ans. (pis on joue aussi avec nos enfants, bien qu'on s'apercoit qu'on vient de passer les créneau idéal de "assez vieux pour qu'on puisse jouer 'comme d'habitude', assez jeune pour qu'ils n'ait pas leur propre emploi du temps [ceci est de moins en moins vrai]" , et aussi quelques pièces rapportées par eux)
Et puis depuis 3-4 ans, j'ai une seconde table de gens qui ne connaissaient pas avant.
(et après des parties anecdotiques de temps en temps)
Je ne joue qu'en physique (a 99%)
Grosso modo, j'arrive a faire 3 parties par mois sur l'année en moyenne (des fois une ou deux, des fois 5/6) : on a clairement plus joué (par année) ces 5 dernieres années que 10 ou 15 précedentes
Quelques conclusions et observations :
- y a un coefficient multiplicateur d'indisponibilité selon le nombre de joueurs : a 4, on peut facilement jouer toutes les deux semaines, voir mieux. Au dessus, la coordination devient complexe. (alors que quand on était tous étudiant....)
- on évolue (en partie) sur des jeux plus "simples", plus facile a mettre en place (pour le mj) : sachant qu'on met dans ces catégories D&D5, city of mist, ou aliens avec ses boites cinématiques
- sur la table historique, on a une scission problématique (j'ai déjà évoqué) : certains d'entre nous (dont le mj principal) ont beaucoup évolué ces derniers temps vers de pratiques plus "modernes" du jdr (que ca soit d&d5 vis a vis des tenants de la 3.x, ou du pbta et assimilés), des exigences et attentes ( acceptation du play to lose, tenir l'immersion de la table, faire du drama) , et sur les 6, y en a 3 qui sont totalement ok (enfin, y a un doute sur le jeu sans mj encore
) , 1 qui évolue en ce sens a son rythme, et deux pour qui c'est très compliqué (pour des raisons variées)
- on aimerait faire de longue campagnes, mais forcément, ca dure tres longtemps, et on n'a plus envie de faire un truc sur 3 ans, et du coup.. on essaye de découper plus court, et on se dit qu'on verra ca a la retraite.
- pour mon cas individuel, autant je suis toujours prêt a faire joueur (comme je dis : etre joueur, ca demande que mettre les pieds sous la table), autant être mj, ca reste un investissement et un priorisation en temps, energie, et j'avoue que ca gagne rarement. J'essaye de faire démarrer péniblement une table d'initiation, j'ai du mal a la mettre en place
Et puis depuis 3-4 ans, j'ai une seconde table de gens qui ne connaissaient pas avant.
(et après des parties anecdotiques de temps en temps)
Je ne joue qu'en physique (a 99%)
Grosso modo, j'arrive a faire 3 parties par mois sur l'année en moyenne (des fois une ou deux, des fois 5/6) : on a clairement plus joué (par année) ces 5 dernieres années que 10 ou 15 précedentes
Quelques conclusions et observations :
- y a un coefficient multiplicateur d'indisponibilité selon le nombre de joueurs : a 4, on peut facilement jouer toutes les deux semaines, voir mieux. Au dessus, la coordination devient complexe. (alors que quand on était tous étudiant....)
- on évolue (en partie) sur des jeux plus "simples", plus facile a mettre en place (pour le mj) : sachant qu'on met dans ces catégories D&D5, city of mist, ou aliens avec ses boites cinématiques
- sur la table historique, on a une scission problématique (j'ai déjà évoqué) : certains d'entre nous (dont le mj principal) ont beaucoup évolué ces derniers temps vers de pratiques plus "modernes" du jdr (que ca soit d&d5 vis a vis des tenants de la 3.x, ou du pbta et assimilés), des exigences et attentes ( acceptation du play to lose, tenir l'immersion de la table, faire du drama) , et sur les 6, y en a 3 qui sont totalement ok (enfin, y a un doute sur le jeu sans mj encore
- on aimerait faire de longue campagnes, mais forcément, ca dure tres longtemps, et on n'a plus envie de faire un truc sur 3 ans, et du coup.. on essaye de découper plus court, et on se dit qu'on verra ca a la retraite.
- pour mon cas individuel, autant je suis toujours prêt a faire joueur (comme je dis : etre joueur, ca demande que mettre les pieds sous la table), autant être mj, ca reste un investissement et un priorisation en temps, energie, et j'avoue que ca gagne rarement. J'essaye de faire démarrer péniblement une table d'initiation, j'ai du mal a la mettre en place
- le Zakhan Noir
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle
les jeunes générations je ne sais pas, mais nous les vieux croûtons, on a fini il y a un an les Oripeaux du Roi pour l'appel de Cthulhu, campagne commencée... en 2012... Mais bon, 4 ou 5 séances par an, forcément ça rallonge (et en plus on est du genre à passer trois heures à juste jouer une scène de resto en roleplay). Donc on continue de fonctionner en campagne, malgré un temps de jeu très réduit. Si ça c'est pas de l'amour...
Expliquer une blague, c'est comme disséquer une grenouille. On comprend le mécanisme, mais elle n'y survit pas (Mark Twain, un peu modifié)
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle
Comme beaucoup, c'est avec l'âge que mon rythme/style de jeu à changer :
- époque étudiante : jdr tous les week end durant ... tout le week end + parties en semaine (!) donc joyeux mélange de one-shot et de campagnes (rarement terminées).
- entrée dans la vie active / construction familiale : période néant JDR, mais lien conservé de loin avec le JDR par le net et des sites/forums (tel CNO), la presse spécialisée et des achats compulsifs non utilisés.
- De nos jours, après reconstitution d'un groupe de JDR (et l'accès à une asso), JDR tous les 2 semaines en fonctions du taff (tlm n'a pas des horaires de bureau
) et là forcément la mise en place d'une campagne est problématique car cela veut dire le même MJ durant très longtemps (une partie / 15j). Hors les autres ont aussi envie de maitriser et le mj a aussi envie de jouer...
Heureusement, on a intégré 2 à 3 séjours JDR d'une semaine par an dans nos traditions de table pour avoir notre dose de lancés de dés.
Donc actuellement on est plus one-shot / gros scénar de plusieurs séances que campagne , plus systèmes de règles légers que pointus, plus produits du commerce (retravaillé à notre sauce) que pure créations ; les deux derniers points étant liés là aussi à moins de temps dispo pour la prépa en amont.
- époque étudiante : jdr tous les week end durant ... tout le week end + parties en semaine (!) donc joyeux mélange de one-shot et de campagnes (rarement terminées).
- entrée dans la vie active / construction familiale : période néant JDR, mais lien conservé de loin avec le JDR par le net et des sites/forums (tel CNO), la presse spécialisée et des achats compulsifs non utilisés.
- De nos jours, après reconstitution d'un groupe de JDR (et l'accès à une asso), JDR tous les 2 semaines en fonctions du taff (tlm n'a pas des horaires de bureau
Heureusement, on a intégré 2 à 3 séjours JDR d'une semaine par an dans nos traditions de table pour avoir notre dose de lancés de dés.
Donc actuellement on est plus one-shot / gros scénar de plusieurs séances que campagne , plus systèmes de règles légers que pointus, plus produits du commerce (retravaillé à notre sauce) que pure créations ; les deux derniers points étant liés là aussi à moins de temps dispo pour la prépa en amont.
la différence entre un adulte et un enfant, c'est la taille et le budget du jouet
- Kandjar
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle
On était une bande d'étudiants "locaux", donc chacun chez ses parents, où il n'était pas franchement envisageable de faire du bruit jusqu'au bout de la nuit. Et après, quand on avait nos propres appart', on avait aussi les copines non-joueuses qui ont maintenu le frein (ou alors il y en avait un ou deux qui avait de la route, ou d'autres bonnes raisons de finir à des heures raisonnables).
Bref, les parties de 6-8h, ça n'a jamais été une norme, ça a dû m'arriver 2 ou 3 fois grand max.
Ca ne m'a pas empêché d'être toujours immergé dans le JdR, de ne pas décrocher même quand les vaches étaient maigres, et de continuer à mener et jouer toujours avec le même enthousiasme depuis 1995.
Aujourd'hui, que ce soit parmi mes joueurs historiques ou les rencontres plus récentes, tout le monde a une vie de famille, d'autres cercles d'amis, des activités associatives, des anniversaires, des concerts, des déplacements. Les week-ends, c'est mort.
Alors je joue en semaine, et en ligne : parce que j'ai des joueurs à Paris, Dijon, Strasbourg, Rennes, Epinal, Vesoul, Bordeaux, Troyes, etc. ; parce qu'on économise le temps précieux de s'habiller, se déplacer, s'installer... qui serait sans doute rédhibitoire sur un créneau court ; parce que je suis toujours physiquement présent (ne serait-ce que pour veiller sur les gosses) et que c'est un arrangement avec ma femme qui me permet d'être dispo en moyenne deux soirs par semaine ; parce que c'est une logistique d'accueil qui ne pose pas de conflit (pour savoir chez qui on joue)...
Je fais toujours des campagnes longues (50 à 80 séances de 2-3h), je fais aussi des campagnes courtes (5 à 15 séances), je fais aussi des one-shots (1 ou 2 séances). Parce que l'investissement sur le temps long est toujours un plaisir. Parce que découvrir de nouvelles choses aussi : pas seulement vivre de nouvelles aventures avec le même groupe dans le même jeu, mais explorer des façons complètement différentes de jouer. Différentes dans les thématiques : intimiste, militant, délirant... ; dans les mécaniques : avec ou sans MJ, hasard, en table ouverte... ; dans les pratiques : jouer pour voir la fin, cramer les persos, me challenger sur certains thèmes... ; dans l'effectif : nouveaux joueurs, nouvelles joueuses, nouvelles combinaisons...
Oui ma façon de jouer a évolué, je ne sais pas comment jouent les "nouvelles générations" (les plus jeunes avec qui je joue ont la trentaine), et oui sans partir de très haut (plutôt des parties de 4-5h) j'ai réduit de moitié la durée moyenne de mes séances, et je fais beaucoup plus de jeux courts qu'avant, mais c'est surtout parce que j'ai appris à goûter d'autres choses et que j'ai envie de manger plus varié et équilibré. La blanquette est bonne, mais toutes les semaines, ça lasse...
Bref, les parties de 6-8h, ça n'a jamais été une norme, ça a dû m'arriver 2 ou 3 fois grand max.
Ca ne m'a pas empêché d'être toujours immergé dans le JdR, de ne pas décrocher même quand les vaches étaient maigres, et de continuer à mener et jouer toujours avec le même enthousiasme depuis 1995.
Aujourd'hui, que ce soit parmi mes joueurs historiques ou les rencontres plus récentes, tout le monde a une vie de famille, d'autres cercles d'amis, des activités associatives, des anniversaires, des concerts, des déplacements. Les week-ends, c'est mort.
Alors je joue en semaine, et en ligne : parce que j'ai des joueurs à Paris, Dijon, Strasbourg, Rennes, Epinal, Vesoul, Bordeaux, Troyes, etc. ; parce qu'on économise le temps précieux de s'habiller, se déplacer, s'installer... qui serait sans doute rédhibitoire sur un créneau court ; parce que je suis toujours physiquement présent (ne serait-ce que pour veiller sur les gosses) et que c'est un arrangement avec ma femme qui me permet d'être dispo en moyenne deux soirs par semaine ; parce que c'est une logistique d'accueil qui ne pose pas de conflit (pour savoir chez qui on joue)...
Je fais toujours des campagnes longues (50 à 80 séances de 2-3h), je fais aussi des campagnes courtes (5 à 15 séances), je fais aussi des one-shots (1 ou 2 séances). Parce que l'investissement sur le temps long est toujours un plaisir. Parce que découvrir de nouvelles choses aussi : pas seulement vivre de nouvelles aventures avec le même groupe dans le même jeu, mais explorer des façons complètement différentes de jouer. Différentes dans les thématiques : intimiste, militant, délirant... ; dans les mécaniques : avec ou sans MJ, hasard, en table ouverte... ; dans les pratiques : jouer pour voir la fin, cramer les persos, me challenger sur certains thèmes... ; dans l'effectif : nouveaux joueurs, nouvelles joueuses, nouvelles combinaisons...
Oui ma façon de jouer a évolué, je ne sais pas comment jouent les "nouvelles générations" (les plus jeunes avec qui je joue ont la trentaine), et oui sans partir de très haut (plutôt des parties de 4-5h) j'ai réduit de moitié la durée moyenne de mes séances, et je fais beaucoup plus de jeux courts qu'avant, mais c'est surtout parce que j'ai appris à goûter d'autres choses et que j'ai envie de manger plus varié et équilibré. La blanquette est bonne, mais toutes les semaines, ça lasse...
- Kandjar
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Re: Je m’interroge sur le jeu de rôle
J'ajouterais que cette idée de ne profiter pleinement du jeu qu'après une bonne centaine d'heures jouées, couplée au parallèle avec le kendo (on voit bien le cliché du pratiquant qui travaille son coup en boucle pendant un temps infini pour viser la perfection du geste), nourrit cette image que le jdr est un loisir réservé à une forme d'élite un peu monomaniaque, hyper spécialisée, bref l'image "nerd" qui lui a collé à la peau pendant des années, et qui à mon avis lui a fait plus de mal que toutes les Mireille Dumas du monde.
Je suis heureux qu'il ait fait l'effort de s'ouvrir à d'autres publics, de se montrer plus accessible, plus fun, plus sexy.
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