Suite de mon visionnage de la saison 2 de
Star Trek: Enterprise.
Épisode 7 :
Mission secrète (
The Seventh). T'Pol doit retrouver un homme qu'elle était chargée d'arrêter des années auparavant mais dont elle avait perdu la trace. Elle part en mission avec le capitaine Archer. Au niveau des qualités : le passé de T'Pol est encore un peu approfondi, ce qui ajoute de nouvelles facettes au personnage. Au niveau des défauts : 1) on a
encore un mec (Archer) qui a raison contre elle globalement sur tout, 2) je n'ai pas du tout compris les réactions d'Archer dans cet épisode, puisque le dilemme moral qui tourmente T'Pol est très exactement du même genre que ceux qu'Archer se coltine depuis le début de la série, ou que Kirk se coltine dans la série d'origine. Sauf que là, inexplicablement, il se trouve que T'Pol a apparemment tort de réagir comme ça. C'est incohérent, sauf dans la constante "les persos féminins doivent rester inférieurs et ne rien réussir d'important sans avoir un mec pour leur expliquer la vie". Je veux dire, bien entendu que T'Pol peut avoir ses défauts, ses limites et ne pas être infaillible, sauf qu'ici ses réactions sont bien plus logiques et cohérentes avec l'idéal de la mission de l'Enterprise que celles d'Archer.
Épisode 8 :
Objet contaminant (
The Communicator). Reed et Archer reviennent tout juste d'une mission sur une planète technologiquement comparable aux années 1930 et qui n'a pas encore entamé l'exploration de l'espace... mais Reed se rend compte que son communicateur y est resté. Il faut donc redescendre le chercher, au beau milieu de fortes tensions entre deux camps au bord de la guerre. Un épisode très correct à mon avis, grâce à son principe tout simple mais efficace en termes de suspense, qui contribue à poser les bases de la future Directive Première. Il y a un côté "intrigue paranormale mais c'est nous les extra-terrestres". Au chapitre des défauts : la planète ressemble vraiment trop aux années 1930, j'aurais apprécié un peu plus d'étrangeté (ou alors un contexte franchement historique, mais ça n'aurait pas aussi bien marché). Au chapitre des "trucs qui peuvent être une qualité ou un défaut" : la capacité de l'équipage à foirer de manière catastrophique dans une bonne partie de l'épisode, puisqu'ils font toutes les bourdes que l'équipage de la série d'origine ne ferait jamais (ou rarement) !
Un point un peu too much :
Épisode 9 :
Anarchie sur l'Enterprise (
Singularity). Ne vous fiez pas au titre peu parlant et guère engageant en VF comme en VO : c'est un épisode solide, du moins si on apprécie les postulats entièrement dans la lignée de la série d'origine. Parce que c'est exactement ça : peu d'effets spéciaux, tout repose sur la lente modification du jeu des acteurs et des actrices, et aussi sur le dosage habile de la tension qui va croissant. Je reconnais volontiers que l'épisode a ses limites : à mon avis, il ne fonctionne bien que si on connaît un peu la série d'origine
et si on s'est déjà attaché à l'équipage de la série
Enterprise. Mais je l'ai bien apprécié tout de même. Au passage, on a droit à l'histoire de l'invention d'une procédure typique du fonctionnement de l'
Enterprise de la série d'origine.
Je note que cet épisode a été scénarisé par Chris Black, dont j'avais déjà remarqué particulièrement d'autres épisodes.
Épisode 10 :
Une peur invisible (
Vanishing Point). Ayant été téléportée pour la première fois, Hoshi commence à se sentir bizarre et observe des choses étranges. La plus grande partie de l'épisode est très intéressante : on observe les réactions de l'équipage face à la nouveauté de la technologie de la téléportation (qui en était à ses balbutiements au début de la série
Enterprise), et on ne sait pas si ce que Hoshi observe a objectivement lieu ou s'il s'agit d'hallucinations, d'où un "fantastique psychologique" qui donne une belle profondeur à l'intrigue. En plus, il semble y avoir une réflexion sur le sexisme, Hoshi étant confrontée à l'incrédulité et au paternalisme de plusieurs membres d'équipage masculins. Sauf que le dénouement m'a beaucoup déçu : à mon sens, l'explication n'est ni très crédible ni intéressante.
Pire : elle a quasiment l'air sexiste.
Épisode 11 :
La Princesse (
Precious Cargo). L'
Enterprise vient en aide à un vaisseau cargo E.T. afin de réparer un caisson de stase dans lequel hiberne une jeune E.T. d'une autre espèce. D'après les deux membres d'équipage du cargo, ils effectuent un voyage de cinq mois pour la ramener sur sa planète où l'attend sa famille. Lorsque le caisson de stase tombe en panne avant que Tucker ait pu le réparer, tout change et il se rend compte qu'elle est leur prisonnière. C'est la première fois que je m'arrête avant la fin d'un épisode de
Star Trek, mais là c'était tellement mauvais que je n'en pouvais plus. Je crois que ça essaie de faire du pulp, moitié "amour vache" entre Leïa et Han Solo dans
Star Wars et moitié
Indiana Jones et le temple maudit. Sauf que... ça ne marche pas, ça n'a aucune vraisemblance et ça ne mène à rien. Il y a un flirtouillage façon Harrison Ford, sauf qu'il reprend les aspects des premiers
Star Wars qui ont le plus mal vieilli, en particulier en matière de relations hommes-femmes, et que Tucker est très loin d'avoir les charmes de Han Solo. L'extra-terrestre ressemble beaucoup, mais alors beaucoup trop à une femme humaine : elle a la robe, les chaussures à talons aiguilles (qu'elle retire évidemment pour marcher dans un marécage), les mimiques très humaines aussi... Vraiment, ça aurait eu toute sa place dans une parodie, mais absolument pas dans un épisode sérieux (ou alors pas au-delà de trois minutes). Je me suis dit : "Ils ne vont quand même pas finir par s'embrasser ?" Comme j'en avais vraiment marre, j'ai sauté quelques minutes, et devinez quoi ?
J'ai arrêté les frais.
Globalement, ces épisodes ont été assez décevants, et j'ai assisté au triste retour du sexisme crasse, parfois à un point jamais vu dans la saison 1... On pourrait croire que j'attendais la série au tournant sur cet aspect quand j'ai commencé à la regarder, mais vraiment, pas du tout. C'est simplement que, dans certains épisodes, les clichés ou l'état d'esprit sexistes ressortent tellement (et nuisent tellement au développement des persos féminins ou à la cohérence globale de l'intrigue ou de l'univers) que ça me saute aux yeux et que je n'arrive pas à le "dé-voir".
C'est assez triste de devoir quitter la série sur un épisode pareil (vu qu'elle va quitter Netflix à minuit), mais il faut croire que cette partie de la saison 2 n'était vraiment pas sa meilleure. J'en retiens tout de même de bons moments, des personnages souvent attachants et un travail intéressant sur une période servant de préquelle à la série d'origine.
Quant aux défauts des scénarios, il n'y a qu'une façon d'y remédier : jouer moi-même la suite à ma table de
Star Trek Adventures !