Lord Foxhole a écrit :zit a écrit :
Ne voilá-t-il donc pas une accroche pour un scénario en 1940 avec des PJs tankistes aillant des problèmes de ravitaillement ou rattrapés/encerclés durant une des rares contre-offensives et devant fuir à pied l'arrivée des Panther (ou des Stukas) ?
De préférence, alors, en évitant le syndrome
Septième Compagnie, avec son festival de clichés : soldats pétochards fuyant dès que l'on annonce l'arrivée des Allemands, officiers hautains et incompétents, commerçants locaux pro-collabos, espions déguisés en nonnes, j'en passe et des meilleures...
Alors, je recommande la lecture de ce livre:
En auto-mitrailleuse - A travers les Batailles de Mai par Guy de CHEZAL. Loin, très loin, des clichés de 1940...
Quant aux stéréotypes, je n'ai rien contre. Glisser des PNJ du style "7ième Compagnie" ou "Morfalous" est un bon moyen de générer des situations "intéressantes"...
PS: il n'y a pas Panther, ni de Tigre en 1940... il ne sortent que 1942-1943.
zit a écrit :WeirdWolf a écrit :Techniquement, on avait les meilleurs chars de l'époque en cours de développement ou de production.
C'est très contestable, me semble-t-il. Certains chars francais avaient les plus gros canons et les plus gros blindages, mais des moteurs beaucoup trop faibles, trop fragiles, avec une autonomie trop courte et en trop petite quantité -et sans radio. Ils n'étaient absolument pas adaptés à la guerre de mouvement. Une fois en panne sèche, les Allemands pouvaient faire du tir aux pigeons. En ce sens, on ne peut pas dire que c'était de bons chars. Ou alors pour la guerre précédente.
Ne voilá-t-il donc pas une accroche pour un scénario en 1940 avec des PJs tankistes aillant des problèmes de ravitaillement ou rattrapés/encerclés durant une des rares contre-offensives et devant fuir à pied l'arrivée des Panther (ou des Stukas) ?
Les chars français de 1940 n'étaient
pas "supérieurs aux chars allemands", comme le soutient une légende tenace.
Certes, ils étaient incontestablement mieux blindés, ce qui a posé de gros problèmes aux Allemands, mais en dehors de cela, les chars français étaient:
-Sous-motorisés et trop lents, du fait de leur rôle prévu comme soutient d'infanterie. Le manque de mobilité qui en découlait en a fait des proies faciles pour l'artillerie ennemie.
-Sous-armés. Outre le manque de mitrailleuses (il n'y en avait pas en casemate, alors que les panzers en avaient), le plus gros de nos chars (H-35, H-39, R-35 et FCM 36) étaient rarement dotés d'un canon performant, la plupart (75%) des chars armés d'un canon de 37mm avaient en fait un SA 18 (dérivé du TR16 de 1916) à faible vitesse initiale capable de percer seulement le blindage des panzers les plus légers. Seul le char du chef de section (1 sur 4) avait un canon de 37mm à grande vitesse initiale...
-Sous-équipés en communication. Les radios sont rares et la plupart des chars ne disposent que d'un simple appareil
récepteur (quand ils en ont un) pour recevoir les ordres, mais ne peuvent émettre. La plupart des instructions se donnent "au fanion". En outre, les chars sont rarement dotés d'un interphone, ce qui oblige les équipages à communiquer entre eux par écrit sur des calepins en raison du bruit régnant à bord...
-Insuffisamment autonomes: avec des rayons d'&action de l'ordre de 150-200 km, les chars français ont un temps de fonctionnement de fonctionnent moyen de l'ordre de 3 à 5 heures (seul le FCM 36 avec un moteur diesel peut tourner plus de 10 heures d'affilées), ce qui leur vaut de tomber rapidement en panne sèche. Compte tenu de la lourdeur du système de ravitaillement en carburant (on fait la queue au cul du camion citerne) de nombreux chars sont capturés intacts alors qu'ils tentent désespérément de faire le plein (en 1940, le "jerrycan" est une exclusivité allemande)
-Sous-dotés en effectifs. Les panzers ont 3 hommes en tourelle: un chef de char, un tireur, un chargeur, ce qui permet à chacun de se concentrer sur sa tâche. La plupart des chars français ont un seul homme en tourelle qui se mue alors en véritable homme-orchestre, incapable d'assurer convenablement chacune de ces tâches. Résultat, un panzer tire 2 à 3 fois plus vite qu'un char français et se coordonne mieux avec ces petits camarades (et l'infanterie)...
A noter que le char SOMUA, prétendument
"le meilleurs du monde en 1940" (sic!), s'il est rapide, souffre en fait de grave lacunes de franchissement en tout-terrain (notamment les obstacles verticaux) qui le forcent de facto à rouler sur les routes s'il ne veut pas se retrouver bloqué par un simple muret en pierres...
En fait, c'est toute la conception des chars français de 1940, qui se révèle un échec total, sans oublier la faillite des doctrines d'emploi